Ignoré, moqué, voire méprisé par ses pairs, Jean-Marc Morandini parvient toutefois à s'imposer. Mais comment? (PORTRAIT)

"Symbole de la télé-poubelle", " bateleur […] qui préfère le scoop à la précision", " fosse sceptique d’Europe 1", " Délateur", " dame pipi-caca de RTL"... Les critiques à l’égard de Jean-Marc Morandini ont toujours été particulièrement virulentes. Mais l’animateur génère de l’audience. Les directions, elles, s’inclinent. Portrait.

Moreau Aurélie
Ignoré, moqué, voire méprisé par ses pairs, Jean-Marc Morandini parvient toutefois à s'imposer. Mais comment? (PORTRAIT)
©Reporters

"Symbole de la télé-poubelle", "bateleur […] qui préfère le scoop à la précision", "fosse sceptique d’Europe 1", "Délateur", "dame pipi-caca de RTL", "adepte du bronzage par lampe à rayons ultraviolets, du blanchiment des dents et des implants capillaires, obsédé par le clash, le buzz et la téléréalité". Les critiques à l’égard de Jean-Marc Morandini ont toujours été particulièrement virulentes.

Connu pour pratiquer une forme outrancière de journalisme, sa déontologie a toujours été perçue comme accommodante. Informations non recoupées (ou faussement présentées comme exclusives), conflits d’intérêts, plagiats, faux duplex à Los Angeles, faux direct en 2013, mélange des genres, règlements de comptes masqués, vidéoclip sexuellement explicite sans signalétique…

Jean-Marc Morandini, qui préfère s’entourer de journalistes peu expérimentés - ou de stagiaires -, est condamné à plusieurs reprises pour avoir bidouillé les chiffres d’audience de son site (et augmenté ses recettes publicitaires), ainsi que pour concurrence déloyale.

Ignoré, moqué, voire méprisé par ses pairs, le journaliste parvient toutefois à s’imposer. Mais comment ? Facile…

Face à l’audience, la direction s’incline

"Morandini relaie une rumeur sur son blog, la dément sur Europe 1 puis résume toute la polémique sur Direct 8. A lui seul, il fait l’actu", résumait "Télérama". Jean-Marc Morandini a ainsi contribué au redressement de Nostalgie et de Chérie FM. Il a également propulsé l’audience de la mi-journée sur RMC (+ 132 % en un an), puis celle d’Europe 1 (+ 40 % la première année).

Selon "La lettre de l’Expansion", l’animateur le plus controversé du paysage audiovisuel français aurait même été pressenti pour reprendre la tranche horaire occupée par "Le Grand Journal" (dont les audiences périclitent depuis 2012). L’information a été démentie par la chaîne cryptée, mais Jean-Marc Morandini aurait bien rencontré Vincent Bolloré, le nouveau patron du groupe audiovisuel français.

Outre l’animation d’un blog (en partie détenu par le groupe Bolloré jusqu’en 2013), le journaliste travaille sur Europe 1 depuis 2003. Il a également été aperçu sur NRJ12 et D8 (alors dirigée par le nouveau patron de Canal +). Diplômé de l’Ecole de journalisme et de communication de Marseille - où il naît en 1965 -, Jean-Marc Morandini se présente comme un "poil-à-gratter", un "franc-tireur" attaqué par une "presse déchaînée et malintentionnée".

Relais médiatique

Toutefois, celui qui ne publie que des informations "autorisées" sur Lagardère ou Bolloré, n’est souvent qu’un relais médiatique qui tire à côté de sa cible.

Aujourd’hui accusé d’avoir organisé et participé à des castings de comédiens, nus, jusque dans les locaux d’Europe1, Jean-Marc Morandini bénéficiera-t-il encore du soutien de la direction de la station où il règne en maître depuis quinze ans ? Pas sûr...