Poursuites judiciaires et carrière en péril: Morandini a-t-il abusé de son statut?

Suite à une enquête des "Inrocks", l’animateur encourt des poursuites judiciaires. Et voit sa carrière mise en péril. Europe 1, où Jean-Marc Morandini présente "Le Grand Direct des médias", a aussitôt demandé à l’animateur de revenir de vacances " pour avoir une conversation de vive voix".

C. G.
Poursuites judiciaires et carrière en péril: Morandini a-t-il abusé de son statut?
©Reporters

Pas sûr que Jean-Marc Morandini puisse continuer à travailler à la rentrée sur NRJ 12, Europe 1, et i-Télé (rebaptisée C-News), qui l’avait appelé pour présenter sa tranche quotidienne d’information de 18 à 19 heures. Ce que certains médias appellent déjà le "Morandinigate" pourrait avoir de lourdes conséquences sur la carrière de l’animateur. Mais pas seulement.

L’affaire Morandini ? Une enquête de huit pages, publiée par le magazine "Les Inrockuptibles" dès mardi soir, accuse le journaliste d’avoir profité du casting d’une websérie, orchestrée par sa société de production "Ne zappez pas", pour pousser les acteurs à s’exhiber nus et à tourner des scènes explicitement sexuelles. Alors que les témoignages continuent d’affluer sur les conditions douteuses de casting et de tournage de cette websérie sur la vie d’une équipe de foot, intitulée "Les Faucons" ("Les Inrocks" prépare un nouveau papier sur le sujet pour la semaine prochaine), l’animateur a formellement démenti les faits et confié à l’AFP qu’il allait porter plainte contre l’hebdomadaire pour diffamation.

Europe 1 "ignorait tout"

Europe 1, où Jean-Marc Morandini présente "Le Grand Direct des médias", a aussitôt demandé à l’animateur de revenir de vacances "pour avoir une conversation de vive voix", comme l’a annoncé mercredi aux salariés le directeur de la station Fabien Namias. Dans un communiqué, Europe 1 assure "ignorer tout" des "allégations" que contient cette enquête.

Quant à ce rendez-vous que Jean-Marc Morandini aurait fixé dans les locaux de la station à un comédien, pour lui demander de prendre des photos de lui nu, la radio a précisé "n’avoir eu aucune connaissance de ces faits". "Les Inrocks" d’ajouter qu’une certaine "Catherine", en charge du casting, aurait relancé le comédien par mail, lui demandant d’avoir des relations sexuelles avec JMM.

A i-Télé, des journalistes de la rédaction ont déjà fait savoir au site "Les Jours" qu’ils ne voulaient "pas travailler avec un type qui a ce genre de pratiques. Ça fait des semaines qu’on dit à la direction qu’on ne veut pas travailler avec Jean-Marc Morandini, même avant cette affaire, rien qu’au vu de son blog", affirment-ils, espérant une réaction de la direction de Canal +.

Contacté par i-Télé, Jean-Marc Morandini a réitéré son démenti. Et son site, jeanmarcmorandini.com, n’a même pas évoqué l’affaire.

Abus d’autorité

C’est sans doute sur le terrain judiciaire que l’affaire aura le plus de retentissement. Selon "Le Parisien", deux comédiens ayant participé au casting ont déjà pris contact avec l’avocat parisien Me Thierry Vallat pour étudier un recours en justice contre l’animateur. "Nous allons étudier le dossier à tête reposée avec les deux jeunes acteurs mais, d’ores et déjà, deux problèmes graves se posent du côté du droit, pour travail dissimulé et non rémunération, et l’autre sur la manière dont le casting et le tournage ont été réalisés", a expliqué ce spécialiste du droit du travail et du droit pénal, particulièrement engagé dans la lutte contre le harcèlement.

Il estime qu’"il y a eu tromperie car l’animateur a clairement abusé de son statut et de son autorité pour attirer ces jeunes garçons sur le tournage". L’un d’entre eux a expliqué au "Parisien" que son contrat prévoyait qu’il devait céder tous ses droits et ne pouvait prétendre à aucune rémunération.

Si le parquet se saisit de l’affaire, Jean-Marc Morandini encourt une peine de prison avec sursis et une amende. Du côté de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels, on nous assure " ne pouvoir faire aucun commentaire sur ce fait-divers ".