Anne Ruwet, itinéraire d'une enfant de la balle

Née dans le milieu du foot au Standard, l’ambitieuse Anne Ruwet a gagné la capitale.

Th.V.
anne ruwet TELEDH
anne ruwet TELEDH ©© BAUWERAERTS DIDIER

Anne Ruwet est entrée dans l’univers fermé des journalistes crédibles quand ils parlent foot. Ses mots respirent la passion. Depuis ses premiers pas, elle vit au rythme du ballon rond. Tout a commencé par une visite au Standard. "Mon père m’avait emmenée assister à une rencontre. Un véritable coup de foudre." L’enfant ne voulait plus repartir. "J’avais envie de tout savoir."

Cette soif de savoir l’a conduite jusqu’à l’école de journalisme de Louvain-la-Neuve (EJL) car elle y voyait un chemin qui la mènerait au bord des terrains de foot. Elle ne s’était pas trompée. "A l’issue de mes licences, j’ai décroché un stage à la RTBF où j’ai signé mon premier contrat comme pigiste durant 18 mois."

Une succession d’entraîneurs

Elle a alors pris la direction de Sclessin où le directeur général Pierre François lui a mis un micro entre les mains. "Il m’a donné ma chance. A ce titre, il occupera toujours une place spéciale." Il a vite compris qu’elle vivait 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 pour le foot. Elle s’est retrouvée du jour au lendemain responsable d’une émission hebdomadaire diffusée sur Voo. "Je réalisais aussi des capsules sur le web." Journaliste sur Standard TV, elle a toujours mis un point d’honneur à préserver sa liberté d’expression. "Je me devais de rester crédible. Si vous mentez aux supporters au sujet du niveau de jeu de leur équipe, ils zappent immédiatement. J’ai beaucoup appris au contact des joueurs, du staff et des membres du Standard."

Durant 7 ans, elle en a vu défiler des entraîneurs au fort caractère : Boloni, Riga, Luzon et Rednic. A la recherche d’un nouveau challenge, la jeune trentenaire s’est retrouvée sur le bord de terrain de l’Europa League à l’heure où AB3 diffusait encore les rencontres. Par la suite, RTL-TVI a racheté les droits de la C2. Stéphane Pauwels, la grosse gueule du paysage audiovisuel sportif, la voulait absolument à ses côtés. "Depuis lors, Steph est parti sur la Ligue des Champions. J’ai bossé avec lui pour l’aider à faire les résumés des autres matches en fin de soirée." Et l’élève Ruwet a été intronisée à la tête de la petite sœur de la C1. L’an passé, elle a brillamment relevé le défi. Le patron de RTL-TVI l’a reconduite dans ses fonctions. "J’ai même obtenu un temps plein à la RTL House."

Quand un jeune fait de sa passion son métier, les résultats portent toujours leurs fruits. Anne Ruwet n’a pas échappé à la règle. "J’y trouve mon équilibre. La flamme ne s’éteint jamais. Je tente de faire du sport (course à pied, zumba, cours collectifs) pour mettre parfois mon cerveau sur off. En dehors du foot, je suis comme madame tout le monde." Une Madame tout-le-monde qui adore le foot comme tout le monde.


Club RTL élargit son offre

Pour l’Europa League, la chaîne offrira une heure de plus de retransmissions.

Si sur les terrains de l’Europa League, la bataille fait rage les jeudis, les coulisses ne restent pas inactives. Club RTL a reconduit sa présentatrice vedette pour orchestrer le plateau, mais la chaîne privée a élargi son offre. Anne Ruwet, l’ancienne journaliste de Standard TV, prendra l’antenne dès 18h, soit une heure avant le coup d’envoi de la première salve des matches. Ensuite, elle poursuivra avec les rencontres de 21h05 avant d’enchaîner avec les résumés des autres matches "belges" après 23h. A minuit, elle éteindra alors les lumières du studio sans avoir omis la diffusion de tous les buts de la soirée en guise de bouquet final. Les présences d’Anderlecht, du Standard, de Genk et de Gand méritaient bien cette large couverture. "Je ne suis pas toute seule, lance, humblement, Anne Ruwet avec sa spontanéité légendaire. Nous n’improvisons pas 6 heures de direct. Pendant plusieurs jours, je prépare des fiches sur tous les joueurs, toutes les équipes… Le dimanche, par exemple, je regarde en continu un maximum de matches. Et j’adore ça !"

Un consultant de poids

Sur le plateau, elle sera épaulée par un consultant de poids en la personne de l’entraîneur des Diablotins, Johan Walem. "C’est le petit nouveau de la saison, rigole-t-elle tout en respectant le monument du foot belge. Il apportera son œil de tacticien." De l’autre côté de la table, on retrouve le rédacteur en chef de "La Dernière Heure/Les Sports", Jean-Marc Ghéraille. "Lui, il connaît tout. Il est notre historien."

Anne Ruwet imprimera un rythme soutenu à ses échanges car elle ne manque pas d’angles d’attaque. "Il y a tellement à dire que nous aurons bien besoin de cette heure avant le match de 19h. Chaque émission reste un défi. Les gens ne réalisent pas forcément le boulot en amont."

Les 4 clubs belges en lice n’ont plus aucun secret pour la Liégeoise qui s’est installée dans un appartement à Bruxelles. "Les groupes seront compliqués. Je ne vois pas une grande affiche du type de Manchester United, mais les adversaires seront costauds. J’espère voir 2 clubs en seizième de finale."