Voulez-vous causer ou jouer avec Wallimage ?

Karin Tshidimba
Voulez-vous causer ou jouer avec Wallimage ?
©BELGA

Reconnue pour son soutien au développement d’une véritable industrie du cinéma, de l’animation et des séries, Wallimage s’est lancée dans une nouvelle aventure : celle de la création de formats télévisés. Ceux qui sont au cœur de la télévision dite de "flux", car plus éphémère (jeux, divertissements, téléréalité, talk-shows, etc.) par opposition avec les programmes de "catalogue" (films, séries, etc.) qui s’inscrivent dans le temps long.

"Le catalogue est considéré comme culturel et bénéficie à ce titre d’aides publiques alors que le flux en a toujours été exclu. Dans l’optique du développement économique de notre région, cette discrimination n’a aucune raison d’être , souligne Wallimage. C’est dans cet esprit et à titre expérimental que nous avons été mandatés pour envisager la création d’une ligne de financement spécifique à la télé, flux compris." Budget prévu : 500 000 €.

Viser le marché international

Son credo : il n’y a pas que le cinéma ou les séries pour raconter des histoires. "Il existe de nouvelles façons de parler de notre société même dans les reality shows."

Appel a donc été lancé vers les producteurs indépendants qui avaient jusqu’au 19 septembre pour se manifester. Huit projets ont été déposés : "Quatre bénéficiant d’une lettre d’intérêt de RTL et quatre autres étaient portés par la RTBF" , précise Philippe Reynaert, patron de Wallimage, qui se dit très satisfait de cette première session.

Sur les huit projets, cinq ont été retenus - trois jeux et deux talk-shows - qui recevront une somme oscillant entre 20 000 et 40 000 € pour développer un pilote. Une fois le concept couché sur papier, il s’agit en effet de vérifier sa faisabilité via une maquette et de convaincre ensuite une chaîne de le produire sur base d’un épisode pilote. Une phase de développement qui entraîne des coûts plus ou moins importants et qui n’est, forcément, pas sans risque.

"Les projets non retenus l’ont été par manque d’intérêt à l’échelle internationale" , précise Philippe Reynaert. " Il ne faut pas que ce mécanisme apparaisse comme une façon détournée de soutenir les chaînes surtout que la RTBF et Wallimage ont le même ministre de tutelle" , plaisante M. Reynaert.

"Cela ouvre de nouvelles perspectives que ces nouveaux projets soient envisagés sous le prisme international. C’est une excellente initiative" , souligne Aurélie Berckmans, adjointe au directeur de la télévision à la RTBF.

Des projets aux bases solides

Même enthousiasme du côté de RTL-TVI. "Dans un marché sous pression, toute proposition qui nous permet de trouver des solutions créatives est forcément la bienvenue , renchérit Stéphane Rosenblatt. Si cela permet aux producteurs d’avoir des assises plus solides, ce sera bénéfique pour tout le monde."

De l’avis des producteurs présents, l’intérêt de cette ligne de financement est de permettre de "tester des projets sur lesquels subsistent des doutes et de voir leur potentiel à l’export" .

Ce soutien semble d’autant plus opportun qu’un tarissement de ce type de formats a été constaté lors du Mip d’octobre, alors que le marché de l’audiovisuel semble en quête d’un renouvellement.

Or c’est justement le but de la manœuvre : que le résultat de ces cogitations soit présenté aux acheteurs potentiels lors du prochain MipTV, soit en avril 2017.

Le moment sera alors opportun pour lancer un deuxième appel à projets afin de stimuler d’autres candidats à se lancer dans le flux.


Six nouveaux projets de formats sur la ligne de départ

L’appel à projets de Wallimage a permis de faire émerger cinq projets de formats. Trois jeux : "Pile ou face" (découverte d’une ville avec 100 € en poche), "La Grande famille" (basé sur la généalogie) et "Est-ce qu’on doit apprendre ça pour l’examen ?" (qui testera toutes ces connaissances qui ne s’apprennent pas à l’école). Deux talk-shows : "Ego" (description psychologique d’une personnalité) et "For men only" (aborde ce qui passionne la gent masculine).

A ces propositions s’ajoute un sixième lauréat qui n’est pas passé par l’appel à projets. Un programme de flux prévu à la base pour TV5 Monde et qui sera réalisé par Digital Graphics. C’est Artemis qui développe le projet "Science X", sorte de descendant de "Temps X" : une série de programmes courts, entièrement développés en images de synthèse. "TV5 Monde souhaite voir un pilote pour être sûr du rendu à l’image et la société de production wallonne Digital Graphics possède un véritable savoir-faire en la matière. Ce projet pourrait en outre bénéficier du tax shelter, ce qui ouvre des perspectives pour les suivants… Ce projet-là est entré par la petite porte car le mécanisme de l’appel à projets n’était pas encore très connu, mais on ne le refera pas" , précise Philippe Reynaert.