"Entre deux mères": la tyrannie des sentiments

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KT

Cette fiction avec Odile Vuillemin interroge les conflits de loyauté vécus par les enfants. Sur La Une, à 20h30.

De nombreuses fictions récentes se sont penchées sur des kidnappings ou des disparitions d’enfants – “Broadchurch”, “Disparue”, “Le secret d’Elise” – au risque de faire frôler l’overdose au téléspectateur. Lorsque l’une d’entre elles s’intéresse à un enfant qui réapparaît, on a forcément l’impression d’aborder une tout autre planète, pleine de larmes de bonheur et de douceur. Fatale erreur… Car la joie peut aussi s’enliser dans un océan de rancœur, de doutes et d’incompréhensions. Et ce qui devait être le plus beau jour du reste de la vie de la famille Leroy peut lentement virer au cauchemar…

Stress post-traumatique

Lorsque Sarah (Odile Vuillemin), qui ne s’est jamais résignée, retrouve enfin sa fille Alice, disparue depuis 11 ans, elle pense vivre des jours heureux. Tout à la joie de recoller les morceaux de sa famille fracturée, elle ne voit pas le mal-être insidieux de sa fille. Alice est en effet en pleine déroute, forcée à détester Jeanne (Armelle Deutsch) qui a été sa mère, son point de repère et sa complice pendant plus de dix ans.

Entre la difficulté à retrouver sa “petite princesse” dans le corps de cette grande ado hésitante et sa haine viscérale à l’égard de celle qui lui a volé son enfant durant onze ans, Sarah a tendance à perdre le cap et à entraîner sa famille à la dérive. En outre, sa conception du bonheur en famille s’accommode mal des compromis. Bientôt les tensions se multiplient donc entre la mère et la fille.

Malgré quelques raccourcis, quelques ficelles épaisses et quelques facilités scénaristiques, Entre deux mères** a pour elle de poser les bonnes questions et d’aborder la difficile phase de reconstruction après le drame. Pour une fois, le happy end n’est que le début et les scénaristes (Didier Le Pêcheur et Delphine Labouret), guidés par l’idée originale de Chris Lang, continuent le combat en s’intéressant à la phase post-traumatique, de loin la plus intéressante.

Grâce à un casting équilibré et à un entourage bien incarné (François Vincentelli, Samir Boitard, Julie de Bona), la psychologie des deux mères se dessine avec soin. On regrettera que celle des autres membres des familles Vivier et Leroy – faute de temps ? – ne soit pas développée suffisamment.

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