Lectures savoureuses avec des écrivains

Lectures savoureuses avec des écrivains
Lemaigre Lola

Passer 4 h en direct, de 21 h à 1 h du matin avec six écrivains "à chercher de nouvelles étincelles", c’est le défi relevé par La Première et ses journalistes Myriam Leroy et Pascal Claude ce lundi. Un défi qui pouvait en effrayer plus d’un, auditeur compris. C’était sans compter sur deux animateurs bien préparés, une émission découpée en six thèmes intéressants et la parole libre d’écrivains d’univers variés.

Laurent Gaudé, parrain de cette première édition de "La nuit des écrivains" et prix Goncourt 2014 pour "Le Soleil des Scorta", rappelle d’entrée le cadeau offert par La Première. "Un moment où le temps est offert à la parole, ce n’est pas fréquent. C’est un beau geste, ce temps de 4 heures, c’est inouï", déclare l’écrivain français. Et Myriam Leroy d’enchaîner sur le premier thème de l’émission : les prix littéraires, à quoi ça sert ? Car l’émission n’a pas trouvé cette place dans la grille par hasard : le prix Goncourt 2017 a été remis ce lundi 6 novembre, l’occasion rêvée de demander aux écrivains présents ce qu’ils pensent des prix, ce qu’ils changent dans la vie d’un écrivain et ce qu’ils impliquent. Très vite, les réponses divergent, entre l’expérience de Caryl Férey, considéré comme l’un des meilleurs auteurs de thriller français, celle d’Abdellah Taïa, écrivain originaire du Maroc, ouvertement proclamé homosexuel et prix de Flore en 2010, et Geneviève Damas, auteure belge couronnée par le prix Rossel en 2011. Et c’est spécifiquement ce qui a fait de cette "Nuit des écrivains" une réussite. Cette liberté de parole, cette honnêteté de la part des six invités ainsi que leurs confessions intimes ont fait de cette émission un moment singulier et l’occasion de ralentir le temps face à la course aux prix.

A chaque thème, un auteur était invité à lire l’extrait d’un livre, pas forcément le sien. Ensuite, les auteurs étaient libres de s’exprimer sur le sujet. Ainsi, Laurent Gaudé, Abdellah Taïa, Joy Sorman, Geneviève Damas, Caryl Férey et Antoine Wauters se sont exprimés sur le rôle de la littérature, celui de l’écrivain, le sexisme, le fait de vieillir, livre après livre et enfin, passé minuit, le sexe et l’amour. Ce dernier sujet, jugé casse-gueule par plusieurs auteurs, est devenu source de confidences, d’anecdotes. Myriam Leroy, qui a joliment présenté chaque écrivain, et Pascal Claude ont mené cette émission sans prendre trop de place et en installant une ambiance conviviale. La fin venue, tous ont demandé une seconde édition. Ce temps laissé à la parole fut savoureux.

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