Salle de concert virtuelle pour mélomanes

Radio France et Arte développent leurs offres musicales à destination de tous les publics.

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Arte diffuse largement les festivals, les concerts européens et l’activité des quatre formations musicales de Radio France : l’Orchestre national de France, l’Orchestre philharmonique de Radio France, le Chœur et la Maîtrise de Radio France. Leur partenariat historique décuple les possibilités de toucher tous les publics dans une riche programmation gratuite et sans publicité, en direct et en replay. Il suffit de visiter l’espace numérique dédié "ARTE-France musique" sur francemusique.fr et arte.tv/arte-concert pour l’apprécier. Emelie de Jong, directrice de l’unité "Arts et spectacles" d’Arte, nous y invite.

Êtes-vous chargée d’apporter une nouvelle visibilité aux concerts de Radio France ?

Aujourd’hui, il nous faut sans cesse réfléchir à améliorer la conception même du son et de l’image. Nous renforçons nos deux métiers de base. Arte concert, autrefois Arte Live Web, est le partenaire historique des orchestres de Radio France depuis 2009. En nous appuyant sur la musique, nous avons construit cette relation dans laquelle nous évoluons ensemble en vue de démocratiser les concerts par la captation. Nous travaillons aussi les différents genres musicaux avec Fip, Mouv’, France Culture, France Inter. Notre relation au long cours a commencé avec la musique, mais elle ne se cantonne pas à la mutualisation des moyens. Nous réfléchissons aussi à des projets artistiques. Il y a deux ans, par exemple, Radio France a développé "VO!X", une œuvre spécifique autour de l’apprentissage du chant choral. Nous avons réalisé la mise en image des tutoriels avec un jeune réalisateur et une nouvelle société de production choisis pour ce projet.

Comment rendre les œuvres du spectacle vivant accessibles ?

Nous sommes deux maisons de service public qui avons à cœur de faire circuler les œuvres gratuitement au plus grand nombre. Arte Concert, c’est l’émotion du direct et la possibilité du replay pendant six mois à un an. Nous offrons le meilleur des arts du spectacle vivant dans toute l’actualité de la scène européenne et de la scène internationale en résonance avec l’actualité. Avec Radio France, nous balayons ensemble leur saison musicale. Nos deux maisons ont aussi à cœur de faire découvrir la création contemporaine, les musiques de film… En bonne intelligence, nous montons des programmes spécifiques hors programme des orchestres.

Le confinement a-t-il modifié les modes de captation ?

À la sortie du premier confinement, avec Radio France, nous avons inventé le concert à la maison, le concert privé en donnant le micro aux artistes lors du festival "Le temps retrouvé". Il fallait imaginer de nouvelles formes d’autant que les nouveaux usages d’Internet nous poussent dans ce sens. Pour un grand concert événementiel, vous retrouvez toujours un générique de début, l’entrée du chef sous les applaudissements, le salut au public puis le chef qui se dirige vers le pupitre et commence à diriger. Dans les nouveaux usages numériques, l’internaute a l’habitude de trouver l’image d’emblée. Nous avons compris qu’il fallait faire évoluer la grammaire de la captation. Les usages de nos différents publics influent notre manière de capter les concerts. Le chef est déjà sur scène et parfois même, la musique est déjà en cours avec le générique dessus.

Quels sont vos projets dans ce sens ?

Avec l’Orchestre philharmonique de Radio France, nous imaginons actuellement un projet ambitieux, hors les murs, en plein air, qui joue avec la nature. Quinte et sens - Une symphonie pour les éléments offrait déjà une proposition dans ce sens. Nous souhaitons aller toujours plus loin dans la mutualisation de nos expertises. Ensemble, nous construisons actuellement de nouvelles émissions dans le but de promouvoir des artistes, la découverte de la musique sous toutes ses formes, le plaisir d’écoute.

Donnez-vous à de jeunes artistes inconnus la possibilité de se produire ?

Par la transmission, nous créons des ponts entre le patrimoine et la découverte. La Folle Journée de Nantes, en direct à l’antenne et sur France Musique la semaine dernière, a permis de découvrir à travers l’Europe Lucie Horsch, jeune flûtiste extraordinaire. La cheffe d’orchestre Claire Gibault a invité Glass Marcano à diriger le Paris Mozart Orchestra. La jeune vénézuélienne est l’une des lauréates de La Maestra que nous avons entièrement couverte sur Arte Concert. Arte est partenaire de ce concours international de cheffes d’orchestre qui cherche à donner plus de visibilité aux femmes. Avec L’Orchestre philharmonique de Strasbourg, nous avons mis en avant la soliste Charlotte Juillard, jeune violoniste tout aussi extraordinaire. Le foisonnement de notre offre de musique classique, baroque, jazz, musique du monde, metal, électronique, musiques urbaines, rap, cirque, danse… reflète la richesse de l’offre artistique européenne et mondiale.