RTBF: "Une partie du personnel réquisitionné a demandé à être considéré en grève"

La grève menée en front commun syndical à la RTBF mardi pour réclamer la reprise des nominations du personnel au sein de la chaîne de service public été bien suivie, a affirmé en fin de journée Bruno Konings, secrétaire de l'interrégionale wallonne de la CGSP-RTBF.

RTBF: "Une partie du personnel réquisitionné a demandé à être considéré en grève"
©BELGA
BELGA

Une partie du personnel réquisitionné pour travailler a demandé à être considéré comme étant 'en grève'. Un programme minimum a été assuré mardi sur les antennes de la RTBF, avec maintien des émissions d'informations. "Nous avons reçu le soutien du personnel de la RTBF dans une proportion très importante", a indiqué Bruno Konings. De nombreuses personnes, bien que réquisitionnées, ont donc pris le service mais ont demandé à être officiellement déclarées 'en grève' au planning, indique-t-il.

De son côté, la direction de la RTBF a affirmé en fin de journée n'avoir encore reçu que 70 déclarations informatiques de mise en grève. Elle s'attend certes à en recevoir encore d'ici demain, notamment en provenance d'une partie du personnel réquisitionné, mais considère qu'au total, il ne devrait pas y avoir plus de 10% à 15% de grévistes déclarés sur l'ensemble du personnel (1.970 ETP), selon la directrice de la communication, Axelle Pollet.

Postés devant l'entrée de la RTBF, les grévistes estiment "avoir bénéficié d'une très grande écoute de la part de ceux qui se rendaient au travail. Mais très peu de gens se sont rendus à Reyers en dehors de ceux qui étaient réquisitionnés", pointe encore le secrétaire CGSP.

La direction fait pour sa part état de 880 personnes ayant déjà cliqué sur le lien informatique pour signaler qu'elles travaillaient, et rappelle qu'il convient aussi de tenir compte de toutes celles qui, en dehors des quelque 230 à 250 réquisitionnées pour le service minimum, sont en congé, au repos, malades ou en télétravail.

Depuis 2018, les organisations syndicales demandent une remise au statut du personnel contractuel, après un abandon "arbitraire et non-concerté" de plus de 25 ans de toute nomination, provoquant désormais un risque de disparition de son personnel statutaire d'ici 15 ans.

L'organisation d'épreuves sélectives n'étant plus possible puisque la plupart des contractuels de longue durée accumulent une ancienneté de service remontant jusqu'en 1995, les organisations syndicales demandent une remise au statut progressive par décret à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

La CGSP, avec l'appui de la CSC et du SLFP, avait déposé en septembre 2018 un scénario de remise au statut finançable en deux phases: "La première consiste à nommer une première année 280 contractuels les plus anciens (engagés entre 1995 et 2010), (...) la seconde à reprendre un cycle de nominations annuel au rythme des départs en pension", souligne le syndicat.

"L'administrateur général de la RTBF avec ses directions générales ont refusé jusqu'ici ce débat, considérant que le statut d'agent de l'État est obsolète et sans motif. Le conseil d'administration de la RTBF ne souhaite pas modifier les règles de la RTBF qui l'obligent, en principe, à recruter son personnel au statut, c'est-à-dire nommé à titre définitif", pointe encore la CGSP. "La seule proposition sur la table est une amélioration d'un second pilier de pension, en assurance groupe, démarré timidement en 2011, et en cours d'adaptation, mais qui ne pourra jamais compenser les années de cotisations perdues des plus anciens contractuels, ni remplacer les garanties liées au statut du personnel: pour la pension, pour la sécurité d'emploi, pour le salaire plein en cas de maladie de longue durée".

"Ce combat ne sera pas résolu en quelques jours", c'est pourquoi d'autres actions devraient suivre prochainement, fait-on encore savoir du côté syndical.

Hasard de l'agenda, mardi soir, les équipes de la RTBF présentent à la presse les nouvelles grilles de programmes de rentrée sur les différents médias du service public. "Aucune action ne sera menée mardi soir. Nous ne souhaitons pas perturber la présentation des programmes", selon Bruno Konings.