Les miracles de la rue de l’Aubépine à Beauraing

"Ma Rue couche-toi là", saison 2. A voir sur La Une, ce dimanche à 20h20.

Les miracles de la rue de l’Aubépine à Beauraing
©Triangle 7

La rue de l'Aubépine à Beauraing est demeurée dans les esprits suite à l'apparition présumée de la Vierge Marie à de jeunes enfants. Une trentaine de fois, entre 1932 et 1933. Pour ouvrir la deuxième saison de son étonnante collection documentaire, Ma Rue couche-toi là, la journaliste et réalisatrice française Léa Zilber explore cette rue particulière, marquée du sceau de l'Église.

Elle joue d’ailleurs avec les codes religieux, et met en lumière avec humour et décalage le quotidien des frères Renard, doyen et abbé de Beauraing, et de sœur Jean-Luc, à la retraite mais loin d’être inactive. Cependant, l’auteure dépasse la référence religieuse pour sonder à sa manière l’âme des habitants.

Rue des apparitions à Beauraing, les miracles ne sont pas relégués à un nébuleux passé. Ils prennent des formes multiples, révélés dans l’intimité d’une poignée de figures du quartier. Une fille adoptive retrouvée par son frère à l’âge adulte, une religieuse qui transforme un quotidien ennuyeux en road-trip au pays des gens du voyage, à bord d’un mobile home, un jeune orphelin de père qui trouve la paix en épousant une vocation musicale, un couple stérile ayant bravé les tempêtes pour bâtir, cahin-caha, une famille, un éboueur dont les enfants se disent fiers du travail de leur père…

La tonalité de ce nouvel épisode est poétique, sensible, frisant par endroits le surréalisme, mais toujours juste, au plus près des émotions des personnes croisées.

À confesse

Fidèle à son approche, Léa Zilber, épaulée ici par le réalisateur Matthias Desmarres, recueille les confidences de ses hôtes, et pose sa caméra dans leur foyer comme on entre en confession. Le ton est libre, la réalisation facétieuse, et le montage, ludique, riche en ruptures de rythme.

Au fil de leur récit, ces témoins se muent en personnages du réel, singuliers et touchants, montrant que l'on peut trouver "du fond de l'obscurité, un chemin, son chemin, pour retrouver un peu de clarté", commente la réalisatrice, maître de son sujet. Car si ses documentaires, coproduits par Triangle 7 et la RTBF, semblent filmer la vie comme elle va, ils sont en réalité très pensés, préparés, écrits, fortement éditorialisés. Ce qui les distingue d'ailleurs d'une autre collection fameuse, Strip-Tease.

Un second épisode, diffusé le 26 décembre, sera consacré à la rue de l'Étuve à Bruxelles, qui est la rue du Manneken-Pis. Une fois encore, derrière les vitrines des commerçants ou les fenêtres des habitants, devant lesquels défilent chaque jour des flots de touristes et de curieux, se cachent "des histoires qui nous feraient presque oublier d'aller saluer le petit bonhomme qui pisse au bout de la rue", résume Léa Zilber.