Michel Konen, ancien directeur et rédacteur en chef de La Libre, est décédé

Entier, au caractère bien trempé, Michel Konen était aussi doté d’un sacré tempérament.

Michel Konen dans la rédaction de La Libre, en février 2007
Michel Konen dans la rédaction de La Libre, en février 2007 ©Etienne Scholasse

Le journalisme belge vient de perdre une figure marquante et attachante, en la personne de Michel Konen (70 ans) décédé ce lundi. Pendant plusieurs décennies, d'abord à la Gazette de Liége, puis à la RTBF, où il passa une grande partie de sa carrière, du journalisme de terrain à la rédaction en chef du journal télévisé, ou pendant six ans, entre 2003 et 2009, en tant que rédacteur en chef de La Libre, il fût au cœur de l'actualité en pilotant des rédactions et de multiples projets éditoriaux. Pour François le Hodey, CEO d'IPM : « Michel a apporté à La Libre une vision affirmée sur le plan idéologique, c'était un très grand professionnel et un homme de convictions, il a porté haut les couleurs du journal ».

Michel Konen avait un sens aigu de l’information: il n’avait pas son pareil pour cerner directement l’importance d’un événement, sa résonance, son onde de choc. Souvent en quelques secondes, il était capable d’identifier ce qui allait faire débat ou polémique dans la société. Il avait un don pour cela, l’info chevillée au corps, dans les tripes.

Sa fine connaissance du monde politique belge, de ses rouages et de ses différents acteurs - son carnet d’adresses était impressionnant - ne l’empêchait pas de faire preuve d’indépendance. La publication de ses éditos débouchait parfois sur de solides prises de bec avec tel ou tel président de parti. Mais l'homme ne se détournait pas de l'essentiel: informer.

Entier, au caractère bien trempé, ne comptant jamais ses heures, Michel Konen était aussi doté d’un sacré tempérament, même volcanique, à l'occasion. Il ne prenait pas de gants pour dire ce qu’il avait à dire et il était prêt à croiser le fer pour défendre ses idées au nom d’une certaine conception de ce que devait être l’exigence journalistique. Ce qui déboucha parfois sur quelques étincelles dans les rédactions dont il a eu la charge. Mais l’homme était aussi et surtout attachant, sachant défendre ses journalistes face aux pressions venant de l’extérieur, qu’elles soient politiques, économiques ou autres. Et derrière la carapace se cachait, comme souvent, une grande sensibilité.

Bon vivant, il savait apprécier les bonnes choses, de la gastronomie à la culture en passant par la découverte de nouveaux pays ou régions avec son épouse Monique, avec qui il formait un couple complice. Mais le journaliste était aussi un père attentionné, fier de ses deux filles, et depuis quelques années maintenant de ses petits-enfants.

Après ses six années passées à La Libre, où il a notamment piloté, avec succès, le passage au format compact, il retourna pour un court passage à la RTBF. Avant de toucher un peu à la politique, en prenant en charge la communication du CDH, à l’époque dirigé par Joëlle Milquet. Il était enfin entré au conseil d’administration de RCF, Radio Chrétienne Francophone.

Nous présentons à son épouse et sa famille nos sincères condoléances.