Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles s'accorde sur les grands objectifs du futur contrat de gestion de la RTBF

Information de qualité, mise en valeur de la culture, égalité, diversité et exemplarité environnementale: le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles s'est accordé lundi sur les grands objectifs qu'il entend imprimer dans le futur contrat de gestion de la RTBF (2023-2027), qui doit être bouclé avant la fin de cette année.

Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles s'accorde sur les grands objectifs du futur contrat de gestion de la RTBF
©FLEMAL JEAN-LUC

Dans une note d'intention de 36 pages, le gouvernement PS-MR-Ecolo affiche ainsi son ambition de "renforcer la RTBF en tant que média de service public indépendant, accessible, moderne, créatif et fiable, au service de la diversité culturelle et de la démocratie".

Le document pointe notamment le rôle "de référence" que la radio-télévision publique se doit d'incarner en matière d'information de qualité et de lutte contre la désinformation, tout comme son rôle de "levier du développement culturel de la FWB".

Nouveauté: la RTBF se devra de devenir une entreprise "exemplaire sur le plan environnemental".

Elle devra ainsi porter une grande attention à l'impact énergétique du numérique, notamment pour le stockage des données, les équipements et ses infrastructures. La production et la distribution de ses contenus devra s'inscrire dans une logique "éco-responsable", précise encore la note.

Dans un paysage médiatique de plus en plus bouleversé par les plate-formes numériques étrangères (Netflix, Amazon Prime, Disney +,...) , la RTBF est encouragée à développer demain son offre non-linéaire, notamment pour une consommation mobile particulièrement prisée par les plus jeunes.

Le gouvernement promet à cet effet de soutenir le développement numérique de la RTBF, notamment via Auvio qui a "vocation à devenir une plate-forme de référence en FWB", et ce tout en restant gratuite.

En matière de finances justement, la majorité arc-en-ciel s'engage dans le document à maintenir au cours des cinq prochaines années "l'ensemble des dotations actuelles et leurs montants, avec indexation".

Quant à la publicité, qui représente quelque 15% des recettes de la RTBF, le gouvernement entend maintenir les mesures actuelles de limitation (notamment sur la tranche matinale de La Première, les jeux, les paris, l'alcool, etc.).

Le document annonce aussi de nouvelles mesures de réduction de la pression publicitaire pour les années à venir. Cet effort sera toutefois plus ciblé. Il portera ainsi sur des publics plus précis, les jeunes notamment. Et les mesures "les moins coûteuses en termes de pertes de recettes" seront privilégiées.

Celui-ci devra d'ailleurs être complètement remanié et simplifié afin de le rendre plus lisible au commun des mortels, insiste le gouvernement.

Ce nouveau contrat de gestion devrait être bouclé d'ici la fin de cette année, et prendre ainsi le relais du contrat actuel qui vient doucement à échéance.

Le Parlement de la Fédération, appelé à faire ses propres recommandations à ce sujet, devrait d'ailleurs entamer très prochainement une série d'auditions, notamment celle de son administrateur général la RTBF, Jean-Paul Philippot.

"Le travail autour du futur contrat de gestion est aujourd'hui lancé grâce à cette note d'intention qui en balise les grandes lignes et permettra aux parlementaires de s'en saisir. Le contrat de gestion qui résultera de l'ensemble des discussions permettra, j'en suis certaine, de continuer à accompagner la RTBF dans ses missions de service public", a commenté lundi la ministre de tutelle, Bénédicte Linard (Ecolo), citée dans un communiqué.

Avec près de 2.000 collaborateurs actifs aussi bien en télé, en radio qu'en numérique, la RTBF est un acteur médiatique de premier plan en Fédération Wallonie-Bruxelles, financé à près de 80% par une dotation publique.

Le débat autour de son prochain contrat de gestion intervient alors que le paysage audiovisuel francophone belge est en pleine mutation, avec le rachat récent de RTL-TVI par Rossel et DPG Media, et la reprise de LN24 par le groupe IPM.