La révolution "Sex and the City"

Il y a près d’un quart de siècle, tous les feux n’étaient pas au vert pour diffuser Sex and the City. Et, pour cause, la série mettait en lumière un thème peu abordé sur le petit écran : la sexualité féminine.

La révolution "Sex and the City"
A.P.

Rares étaient jusqu’ici les héroïnes qui s’interrogeaient, sans tabou, sur leur corps et sur leurs désirs sexuels, et prenaient leur libido en main.

À l'époque, HBO est le seul network américain à avoir accepté de prendre le "risque". "C'était un véritable challenge, se souvient Darren Star, créateur de Sex and the City et d'autres séries américaines à succès. Ce genre de série n'existait pas en ce temps-là. Jusque-là, je m'étais souvent battu avec les networks pour faire passer mes histoires. Je me souviens qu'à l'époque le baiser d'un couple gay avait été coupé au montage de Melrose Place. Et, c'était tout aussi compliqué pour Beverly Hills."

Dès leur sortie en 1998, les aventures de Carrie, Samantha, Miranda et Charlotte, quatre trentenaires new-yorkaises, ont fait l’effet d’une véritable révolution sur le petit écran. Les thèmes les plus délicats étaient abordés sans détour, tant au coin d’une rue que lors d’une soirée arrosée ou d’un déjeuner entre amies. Du jamais vu. Et cela a incontestablement eu impact sur la liberté avec laquelle les femmes parlent de sexe aujourd’hui, c’est-à-dire avec moins de tabous qu’auparavant, mais également sur le regard qu’elle porte sur leur sexualité. Preuves à l’appui : la série aurait entraîné une explosion des sites de rencontre mais également des sex toys, suite à l’épisode où Charlotte, femme pourtant très prude, devient dépendante de "Rabbit", un vibromasseur en forme de lapin.

Pionnière du genre, Sex and the City a également ouvert la voie à de nombreuses autres séries. Sans elle, Girls, Desperate Housewives ou encore Sex Education n'auraient probablement pas existé.

Série féministe ? Pas vraiment…

Cette façon crue de parler de la sexualité, l'idée d'assumer son célibat et ses désirs sexuels ont fait de Sex and the City une série "Girl Power". Mais, au fil des épisodes et des saisons, de nombreux points ont prouvé que la série n'était pas aussi féministe qu'elle en avait l'air. Parmi eux, le matérialisme des personnages ou encore le happy end de la série où les quatre New-Yorkaises se retrouvent sur le chemin d'une féminité plus traditionnelle.

Dix-sept ans après l’arrêt de la saga, les actrices phares - à l’exception de Kim Cattrall - ont accepté de reprendre leur rôle dans une suite intitulée And Just Like That… - ce dimanche sur Plug RTL - centrée sur la vie de ces amies de toujours qui sont désormais des quinquas. Force est toutefois de constater qu’avec le temps, la série a perdu de son aura. Dans les dix épisodes de cette suite, Carrie Bradshaw et ses amies discutent davantage de leur âge et se montrent plus distantes avec les questions liées au sexe. Les scènes de sexe, elles-mêmes, ont pratiquement disparu de la série, comme si elles n’étaient plus concevables pour des femmes qui ont passé la cinquantaine. Le retour de malheureux clichés et de certains tabous ? Peut-être…

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