Nos premières impressions sur la nouvelle série Star Wars "Obi-Wan Kenobi"

Alain Lorfèvre
Nos premières impressions sur la nouvelle série Star Wars "Obi-Wan Kenobi"
©Disney+/LucasFilms

Plus encore que The Mandalorian en son temps, la mini-série Star Wars Obi-Wan Kenobi est très attendue des fans. Après Le Livre de Boba Fett, globalement décevant, peut-elle relancer l'intérêt ? Les deux premiers épisodes disponibles sur Disney + depuis le 27 mai ne permettent pas encore de trancher. Point engageant : pratiquement tous les extraits de la bande annonce sont couverts dans ces deux premiers épisodes. Les vraies surprises devraient surgir dans les suivants.

On a le plaisir de retrouver Ewan McGregor dans le rôle-titre, dix-sept ans après La Revanche des Sith. Obi-Wan Kenobi, l'ancien chevalier Jedi et membre du conseil Jedi, n'est plus que l'ombre de lui-même. Hanté par son combat à mort contre Anakin Skywalker, passé du côté obscur de la Force, il vit caché sur la planète Tatooine sous le pseudonyme de Ben. Il gagne un maigre salaire comme équarisseur et se contente de veiller à distance sur le jeune Luke Skywalker.

Afin de passer inaperçu, Ben ne recourt plus à la Force. Il a enterré son sabre laser quelque part dans le désert. Il refuse même son aide à un ancien coreligionnaire traqué par les Inquisiteurs. Cet ordre fondé par l’empereur Palpatine poursuit et élimine les derniers Jedi aux quatre coins de la galaxie. Un appel à l'aide et une question de vie ou de mort vont sortir le Jedi de sa retraite.

On évitera de trop divulgâcher. Le scénario se développe dans un interstice narratif ténu. Même si dix-neuf ans les séparent dans l’univers Star Wars, le personnage d’Obi-Wan Kenobi ne peut être bouleversé entre ce qu’il est à la fin de l’Episode III et le début de l’Episode IV. Luke ne peut savoir qui il est vraiment ni rien connaître du passé de Ben et encore moins de ses origines.

Un atout dans la manche

Hors de question, donc, d’amener Ben et les forces de l’Empire qui le traquent trop près de l’enfant d’Anakin. Mais “il y en a un autre”. C’est le petit atout que la bande annonce gardait dans la manche. Un élément suffisamment fort pour amener Obi-Wan à mener "un dernier combat" pour un vieil ami sans trop perturber le canon de la saga. Mieux : cette nouvelle péripétie permet de comprendre pourquoi Leia, en détresse au début de l’Episode IV, pense spontanément à appeler à l’aide le vieux Jedi reclus.

L’astuce tient la route tout en rencontrant le besoin d'offrir à un (très) jeune public un nouveau personnage miroir (qu’on pourra trouver mignon ou cabotin au choix).

Les vraies intrigues se trouvent au sein des Inquisiteurs. La Troisième Sœur Reva (Moses Ingram) a une dent contre Obi-Wan dont l’origine est encore mystérieuse. Elle s’avère très habitée par la Force, côté obscur. Et si ses motivations semblent personnelles, elle pourrait aussi servir un puissant maître – pas besoin de chercher trop loin.

Comme le premier volet d'une trilogie

Ces deux premiers épisodes forment un premier acte porteur de promesse. Au cinéma, avec une dose épique supplémentaire, ils auraient pu constituer le premier volet d’une trilogie Obi-Wan.

Le principal bémol est qu’en dépit de moyens considérables et d’une direction artistique qui ravira les fans, ils manquent un peu d’ampleur et de souffle dans la mise en scène de Deborah Chow, avec des nombreux décors récurrents et quelques ellipses intrigantes pour une production de ce niveau. Dans un scène, Obi-Wan, après avoir sauvé un personnage du haut d’un immeuble surgit soudain au pied de celui-ci dans le plan suivant tandis que la très agile et virevoltante Reva met des plombes à arriver sur les lieux.

On sent que les auteurs, contraints de garder le meilleur pour la fin des six épisodes, brident leur célèbre personnage tout en distillant la promesse d'un climax dont on espère qu'il sera tenu.

The Mandalorian et Le Livre de Boba Fett empruntaient au western. Obi-Wan revient au récit d'aventure, avec chevalier (Jedi) et princesse (galactique). Au risque de cocher un peu mécaniquement tous les édits de la narration classique : le héros, la situation initiale, la quête, les adjuvants, les opposants (et les opposants aux opposants pour pimenter un peu),…

Nos premières impressions sur la nouvelle série Star Wars "Obi-Wan Kenobi"
©LLB