"Loot", critique gentille des riches "philanthropes"

Maya Rudolph est plutôt convaincante dans son interprétation de Molly Novak. A voir sur Apple TV.

"Loot", critique gentille des riches "philanthropes"

"Est-ce qu'on peut baisser le soleil de 20 % et de se débarrasser des dauphins ?", demande Molly Novak (Maya Rudolph) sur le pont du bateau qui l'envoie fêter son quarante-cinquième anniversaire à bord d'un yacht.

Molly a beau plaisanter, son mari Nicholas, riche entrepreneur de la Tech, peut quasiment tout lui offrir : Seal pour chanter lors de sa fête, des jets privés, un staff pour la maquiller, un chef qui fait des crêpes toute la journée, des sièges de bar chauffants et surtout la maison la plus chère au monde : "The One" à Miami (c’est la vraie), vendue à 115 millions d’euros en mars dernier. Tout pour être heureuse ? Pas vraiment…

Le soir de son anniversaire, l’Américaine découvre que son mari la trompe et décide de rompre après vingt ans de mariage. Moquée dans les journaux et à la télé, Molly touche le fond. En s’intéressant, enfin, aux affaires de son mari, elle découvre l’existence d’une fondation caritative à son nom. Après s’être noyée dans l’alcool et la superficialité, Molly décide de s’engager pour la première fois de sa vie. Pas évident quand on n’a jamais travaillé et qu’on passe généralement ses après-midi au spa ou à boire des mojitos entre copines.

Derrière Loot, il y a le duo Alan Yang-Matt Hubbard. Les scénaristes de Parks and Recreation utilisent ce pitch et s'en donnent à cœur joie pour verser dans l'absurde.

Molly Novak est, évidemment, totalement à côté de la plaque. Au point de louer des SUV avec chauffeurs pour conduire les membres de son staff lors de l’inauguration d’un refuge pour des sans-abri. Avec la directrice de la fondation, Sofia (Mj Rodriguez), issue d’un milieu populaire et dévouée corps et âme à son métier, ça clashe. Petit à petit, Molly va quand même apprendre de ses nombreuses erreurs pour progresser socialement et s’émanciper..

Après trois épisodes franchement pénibles, Loot gagne en qualité (et en rythme) par après. Grâce à quelques bonnes idées scénaristiques, des blagues bien placées, une (gentille) critique des riches philanthropes et surtout une galerie de personnages variée et attachante (à commencer par Molly).

Comme dans la série Ted Lasso, le maître-mot de cette comédie d'Apple est la bienveillance et la bien-pensance qui rendent la série, à certains moments, insipide, voire quelque peu agaçante. Dans la veine des riches déconnectés qui essaient de s'insérer dans un milieu social autre que le leur, on préfère quand même Bienvenue à Schitt's Creek , disponible sur Auvio.