"Sauvons les Kevin" : un documentaire pour en finir avec les clichés sur ce prénom!

"Un documentaire sur les Kevin, avec des Kevin et réalisé par un Kevin." Voici en quelques mots le projet fou et original d'un homme originaire de Guingamp qui veut en finir avec les clichés sur le prénom Kevin. Et cela risque d'être très drôle.

Kevin Fafournoux, un graphiste et réalisateur français de 34 ans, a décidé d'en finir avec les moqueries sur son prénom. Dans une vidéo où il présente son projet et qui a été publiée sur Ulule, une plateforme de campagne de crowdfunding, le jeune homme vend son projet fou. Celui-ci se nomme "Sauvons les Kevin" et, pendant deux minutes, il explique son ambition. S'il a l'air très sérieux, difficile de ne pas avoir le sourire en écoutant ses explications. "Depuis quelques années, je ne vous cache pas que je ne suis pas forcément très à l'aise dès que je dois donner mon prénom. Surtout en public ou pour une cause professionnelle. Pourtant plus jeune, que ce soit à l'école ou au collège, il ne me posait pas de problème. Puis le temps est passé et en l'espace de quelques années, c'est devenu un peu plus compliqué" explique-t-il avant de se mettre à nu: "Pour cause, je m'appelle Kevin."

Depuis plusieurs années, ce prénom est très souvent moqué par les humoristes, sur les réseaux sociaux et dans les médias. Pour le prouver, il donne une multitude d'exemples dans sa vidéo de présentation. "Même si je possède une bonne dose de second degré, le problème, c'est que l'on a dépassé le stade de l'humour et que ça s'est retourné contre nous les Kevin", illustre-t-il par une définition stéréotypée de Wikipédia qui explique que, sur internet, le Kevin ou Jean-Kevin est un internaute souvent adolescent "nuisible, acharné et immature".

Le prénom Kevin est devenu, selon lui et sur la toile, un prénom de "beauf, d’illettré, de geek, de relou". Il diffuse ensuite une séquence de l'ancien candidat à la Présidentielle Eric Zemmour qui indique que "on aurait dû interdire les Kevin et les Jordan".

Sous un angle humoristique, Kevin Fafournoux veut alors démontrer dans un documentaire de 52 minutes comment la société en est venue à railler le prénom Kevin d'une telle manière. Il a également pour but de dénoncer les clichés et les discriminations que les personnes portant ce prénom peuvent subir.

Le jeune réalisateur ne manque pas de projets pour son documentaire. Il est prêt à tout comme il l'indique dans sa vidéo: "J'irai même en Irlande où Saint-Kevin est apparu pour la première fois et même en Allemagne où une application a même été créée et qui s'appelle le 'Kevinometer'. Cela sert à savoir si le prénom de votre enfant peut avoir des problèmes à l'avenir".

Déjà 16.000 euros récoltés dans une campagne de crowdfunding

Le graphiste de formation veut donc clouer le bec aux nombreux clichés qui entourent ce prénom, pourtant si populaire. "On m'envoie toujours des blagues sur le sujet comme 'le top 10 des pires prénoms' dans lequel Kevin tient la 1ère place et on me partage aussi des sujets journalistiques qui font émerger ce phénomène de société qui crée une mauvaise image collective. Même si j'en rigole, il n'en reste pas moins que tout cela a un impact dans ma vie et dans celle de milliers d'autres Kevin. Que ce soit sur la confiance, la crédibilité dans la vie professionnelle ou relationnelle. C'est pour cette raison que je souhaite réaliser un documentaire de 52 minutes: pour comprendre comment et pourquoi on en est arrivé là."

Lancée le 3 juin dernier, jour de la Saint-Kévin, la campagne de crowdfunding atteint déjà les 16.000 euros. La bonne nouvelle, c'est qu'il n'en fallait que 8.000 pour réaliser le documentaire. Et, en deux minutes de présentation, Kevin Fafournoux aura déjà réussi à séduire pas mal de monde pour conclure et donner vie à ce projet original.

Ça promet pour la suite !