Alec Mansion, Enzo Scifo, Toots Thielemans ou encore Jean-Luc Fonck: nombreux sont ceux à rendre hommage au Grand Jojo sur La Une ce lundi

Le chanteur bruxellois s'en est allé le 1er décembre dernier à l’âge de 85 ans.

L.V.
Alec Mansion, Enzo Scifo, Toots Thielemans ou encore Jean-Luc Fonck: nombreux sont ceux à rendre hommage au Grand Jojo sur La Une ce lundi
©BELGA

Au mois de décembre dernier, les Belges disaient au revoir à une icône de la chanson et de l'humour bruxellois. À 85 ans, le Grand Jojo rendait son dernier souffle après un long combat contre la maladie. "Lange Jojo", comme l'appelaient nos compatriotes néerlandophones, n'aura que peu profité de la retraite bien méritée qu'il avait décidé de s'accorder au mois de juin 2021. L'homme à la moustache, à qui l'on doit les indémodables Jules César, On a soif ou encore Viens boire un petit coup à la maison aimait dire qu'il était le dernier "dinosaure" de la chanson. Le secret de sa longévité ? Son amour de la musique, cette passion qui l'animait, mais aussi le jus de citron pur qu'il avalait chaque matin pour affronter la journée avec énergie. "Allongez-le avec un peu de jus d'orange si c'est trop sûr", plaisantait-il.

Un come-back fracassant

Environ sept mois après sa disparation, La Une et la Trois ont décidé de rendre hommage à cet artiste, sans prise de tête, qui incarnait la culture populaire au travers d'un portrait réalisé par Mathieu Piérart. À l'époque de la réalisation de ce documentaire, Jules Jean Vanobbergen, de son vrai nom, né à Ixelles en 1936, avait 77 ans et effectuait un come-back fracassant avec Viva Brazil, l'hymne qu'il avait écrit et composé pour supporter nos Diables rouges lors de la Coupe du Monde de 2014. Après le succès de E Viva Mexico, en 1986, le chanteur, qui avait débuté sa carrière dans les années 1960, avait décidé de faire un break pour passer plus de temps auprès de sa femme et de sa fille, loin des médias et des projecteurs. "J'étais à court d'inspiration", confie-t-il aux caméras de la RTBF. "Je n'avais plus rien […]. Plus d'idées, plus d'envies." Ce sont les prouesses d'Eden Hazard, Kevin De Bruyne et Romelu Lukaku sur le terrain qui lui ont donné envie de ressortir de sa tanière et de renouer avec ses premières amours. "De faire des chansons kitsch, déjantées", expliquait-il encore. À cette époque, le Grand Jojo sortait ses calepins pour gribouiller des textes auxquels il pensait même encore au moment d'aller se coucher. "Mes chansons me trottent dans la tronche même la nuit", avouait-il à sa femme.

Ses amis de toujours

Dans ce film de 52 minutes, ce sont ses amis de toujours, Alec Mansion, Enzo Scifo, Toots Thielemans, Jean-Luc Fonck, ou encore le peintre Paul Vankueken qui témoignent à ses côtés et qui commentent ce fameux retour en grande pompe. Le portrait de Piérart revient aussi sur l’ensemble de sa carrière, sur ses débuts. L’artiste se remémore son premier “concert”, sur la table d’un vieux café alors qu’il n’avait que 5 ans. Comme il l’expliquait déjà dans sa biographie, “Le Grand Jojo : tout va très bien”, écrite par Brice Depasse et parue en 2015 aux éditions Renaissance du Livre, c’est J’attendrai, de Rina Ketty, qu’il avait choisi d’interpréter pour convaincre un public déjà conquis. Il nous raconte aussi, comment d’étalagiste dans un magasin d’électroménager, il est devenu musicien après avoir été muté au rayon disques. Il se confie sur sa passion pour le jazz, la country, des registres aux antipodes des titres de son répertoire.

Dans ce portrait, on découvre aussi un homme proche des gens, toujours prêt à signer un autographe, à prendre une photo avec son public, éclectique, à l’image de ses chansons qui ont traversé les générations. Car, hormis le football, c’est aussi sa simplicité, la relation qu’il entretenait avec ses fans qui ont contribué au succès du Grand Jojo. Le documentaire l’a aussi suivi lors des répétitions de son concert au Cirque Royal, une scène mythique qu’il rêvait de fouler depuis toujours.

Vie privée

Sans aucune pudeur, l'interprète d'Anderlecht champion évoque aussi sa seconde épouse, Nicole, qui était son équilibre. "Elle me ramène sur Terre quand je suis sur mon nuage, quand je plane", confiait le chanteur. Nicole était toujours aux côtés du chanteur. Elle le soutenait lorsqu'il montait sur scène, l'applaudissait depuis la salle de spectacle ou le rejoignait en coulisses pour l'aider à ajuster son costume, lui apporter une bouteille d'eau ou lui éponger le front. Un documentaire à visionner d'urgence si ce personnage emblématique vous manque autant qu'à nous.