Jean-Luc Delarue : le golden-boy de la télévision française déchu victime de ses excès

Le 23 août, il y aura dix ans déjà que l’animateur-producteur – un des mieux payés de France dans les années 2000 – est mort. TF1 lui rendra hommage avec la diffusion d’un documentaire qui lui est consacré.

Jean-Luc Delarue : le golden-boy de la télévision française déchu victime de ses excès
©PHOTONEWS

Le 23 août, il y aura dix ans que Jean-Luc Delarue décédait d'un cancer de l'estomac et du péritoine à seulement 48 ans. Étrangement, alors qu'il a fait la plus grande partie de sa carrière sur Canal + et France 2, c'est TF1 qui lui rendra hommage le 24 août avec la diffusion d'un documentaire intitulé Jean-Luc Delarue, 10 ans déjà : de succès en excès. Il s'agit d'une production signée Réservoir Prod, l'une des sociétés créée par l'animateur-producteur au début des années 90.

Même si le nom de l'animateur-producteur n'est pas automatiquement associé à la première chaîne française, rappelons qu'il a produit plusieurs émissions à succès pour TF1 à partir de la fin des années 90. On peut citer : Bien jardiner avec Jean-Pierre Coffe, Stars à domicile avec Flavie Flament, Vis ma vie avec Laurence Ferrari et Scrupules avec Carole Rousseau

40000 euros par mois

Jean-Luc Delarue était connu pour son débit de parole ultra rapide et sa fameuse oreillette (pour symboliser le fait qu'une émission c'est un travail d'équipe, avait-il confié à Libération en 2004) mais aussi pour être un surdoué de la télévision. Il est à la base de nombreux concept de programmes orientés débat et mettant en avant des personnes lambda racontant les histoires de leur vie. On pense à Ça se discute, Jour après jour et Toute une histoire. Autant de rendez-vous qu'il a présentés et qui lui ont valu trois 7 d'Or. Mais aussi à C'est mon choix animé par Évelyne Thomas, Vis ma vie avec Laurence Ferrari ouTous égaux sur France 3…

Au milieu des années 2000, il est l'un des animateurs-producteurs les mieux payés en France. Ses revenus mensuels étaient estimés à 40 000 euros par Plurielles. Son patrimoine, à 30 millions d'euros. Mais le petit génie que la presse surnommait le "gendre idéal" cachait aussi un diable depuis longtemps. Assidu des boîtes de nuit, l'ancien contributeur des Enfants du rock (Antenne 2) était addict au pouvoir, à l'argent mais aussi au sexe et à la drogue. C'est cette dernière qui signera sa chute. Selon le Nouvel Obs, il y consacrait un tiers de son salaire, soit quelque 10 000 euros mensuels ! En septembre 2010, il est embarqué par la police pour possession de stupéfiants dans le cadre d'une vaste opération antidrogue. Pas de chance, des paparazzis saisissent l'instant. La médiatisation de son addiction à la cocaïne, dont il était un énorme consommateur, l'a contraint à faire un pas de côté. Il met en suspend sa carrière à la télévision.

Les voleurs de patates

À l'automne 2011, quelques mois avant sa mort, il a tenté un come-back avec Réunion de famille, sur France 2. Le succès n'est pas au rendez-vous, l'émission est déprogrammée. Le 2 décembre de la même année, il avait annoncé souffrir d'un cancer. Sa dernière apparition publique avait eu lieu quelques semaines plus tard, lors de la Fashion Week à Paris.

Rappelons également qu'au milieu des années 90, Jean-Luc Delarue avait déjà connu une période très tourmentée. Il faisait partie des "Voleurs de patates" comme les Guignols de l'info de Canal + avaient surnommé trois animateurs-producteurs engagés par France 2 pour concurrencer TF1. Avec à la clé des contrats mirobolants. Étaient visés: Jean-Luc Delarue mais aussi Nagui et Arthur. Selon l'ouvrage d'Alain Griotteray L'argent de la télévision (1986), leurs trois sociétés de production pesaient à elles seules un quart du coût total de la programmation de France 2. L'affaire avait contraint Jean-Pierre Elkabbach à démissionner de son poste de président de la chaîne.