"Dos au mur", le blanchiment d'argent vu par le coscénariste de "Borgen"

Le Danois Jeppe Gjervig Gram signe un thriller haletant inspiré de l’affaire HSBC.

"Dos au mur", le blanchiment d'argent vu par le coscénariste de "Borgen"

Lorsque l'on évoque l'excellente série Borgen, le nom d'Adam Price, son créateur, est souvent mis en avant. Le scénariste danois a, pourtant, travaillé avec Tobias Lindholm et Jeppe Gjervig Gram. Arte a décidé de mettre en ligne la série du dernier nommé : Dos au mur.

Ce thriller ne nous immisce pas dans les arcanes du pouvoir politique, mais bien dans les bas-fonds du Danemark à travers le regard de trois personnages cabossés.

Au centre de cette série réaliste, inspirée notamment du scandale HSBC, il y a Nicky (Esben Smed), blondinet minet à la Jérémie Renier dans Dikkenek, en moins agaçant. Père absent, étudiant en école de commerce, ce dernier utilise le savoir dispensé par ses profs pour blanchir l'argent des dealers qui tiennent Nørrebro, quartier bohème et multiculturel de Copenhague. À ses trousses depuis la découverte de cadavres dans une cave, Alf Rybjerg (Thomas Hwan) est un flic malheureux en amour, confronté à un stress post-traumatique et à des insomnies. Anna (Maria Rich), est une conseillère bancaire frustrée qui va être tentée de frauder.

À la "Walter White"

Sobre, la série ne révolutionne pas le genre, malgré quelques bonnes idées de mise en scène. La force de Dos au mur, sorte de mélange entre Ozark , Breaking Bad , ou la Suédoise Snabba Cash, tient, d'abord, à l'écriture ciselée de sa structure narrative tripartite. Après un premier épisode poussif, ce jeu du chat et de la souris devient addictif, quoiqu'un peu longuet.

Si Esben Smed paraît trop fragile pour jouer les durs face à des gros bonnets du milieu, Thomas Hwan se révèle, en revanche, plus convaincant et attachant en enquêteur opiniâtre happé par ses démons personnels et, ironiquement, ses addictions. Plus largement, la série pointe habilement du doigt l’hypocrisie collective face à la drogue.

Comme dans Borgen, c'est une quadra qui tient le haut du pavé. Maria Rich est formidable pour camper ce personnage normal, sorte de "Walter White au féminin", plongeant à deux pieds dans l'illégalité. Pas pour payer ses soins de santé mais pour embêter un mari aussi chaleureux qu'un freezer dans l'Antarctique et par dépit face au plafond de verre imposé par la société et sa hiérarchie. Une émancipation jouissive.

Dos au mur** / Thriller Création Jeppe Gjervig Gram Réalisation Søren Balle Avec Thomas Hwan, Esben Smed, Maria Rich Arte.tv Déjà en ligne, 10 x 58