LN24 se veut être LA chaîne d'actu et de débat : "Nous avons l'ambition de casser les codes"

Emmanuel Tourpe, directeur du pôle audiovisuel d'IPM (LN24, LN Radio et leurs contenus digitaux), se montre confiant, croyant dur comme fer que la télévision d'il y a 30 ans et les grandes messes de l'info appartiennent au passé.

BELGA
Emmanuel Tourpe, directeur du pôle audiovisuel d'IPM (LN24, LN Radio)
Emmanuel Tourpe, directeur du pôle audiovisuel d'IPM (LN24, LN Radio) ©JC Guillaume

Forte de l'entrée, il y a quelques mois, du groupe de presse IPM (La Libre, DH, L'Avenir, Moustique, etc.) dans son actionnariat et des synergies qui ont commencé à en découler, la chaîne d'info en continu LN24 se veut être celle qui permet et recrée le débat à l'époque des réseaux sociaux. Après pile trois ans d'existence ce vendredi, elle vise pas moins de 3% de parts de marché d'ici 2024, soit un triplement par rapport à aujourd'hui, tout comme à être rentable la même année. Et met en garde RTL Belgium de ne pas se reposer sur ses lauriers. IPM a acquis 68% des parts de LN24 en décembre dernier, devenant de la sorte l'actionnaire principal de la jeune chaîne. Il prévoit d'y investir environ 3 millions d'euros dans les années à venir et espère que la jeune pousse, lancée en septembre 2019, sera rentable d'ici 2024. Emmanuel Tourpe, directeur du pôle audiovisuel d'IPM (LN24, LN Radio et leurs contenus digitaux), se montre confiant, croyant dur comme fer que la télévision d'il y a 30 ans et les grandes messes de l'info appartiennent au passé.

"Nous avons l'ambition de faire la TV autrement que les chaînes historiques, avec des moyens plus modestes que d'autres, et de casser les codes. Face à une télévision désertée car ne proposant rien d'intéressant ou trop superficiel et dans une période propice aux guerres d'idées et d'idéologies, particulièrement sur les réseaux sociaux, où la parole est empêchée, les gens sont perdus. Les chaînes d'infos permettent de restructurer l'information et de susciter et de recréer le débat", développe-t-il, s'expliquant ainsi le succès de telles chaînes en France par exemple.

"Une génération LN24"

"On est en train de générer une génération LN24, jeune, innovante et digitale", poursuit Emmanuel Tourpe. "Nous proposons les mêmes qualité et rendu que ceux qui envoient de grosses équipes sur le terrain, avec bien moins de moyens."

LN24 se vante d'être un média véritablement à 360 degrés, avec une présence sur internet, en radio via LN Radio (ex-DH Radio) et en TV. Mais aussi, et contrairement aux autres médias du pays, avec une présence dans la presse écrite, via L'Avenir, La Libre Belgique et La Dernière Heure. Des titres qui (aur)ont également leur présence à l'antenne de la chaîne d'info en continu, qui déménagera au siège d'IPM d'ici quelques semaines.

Le journal de la mi-journée, à 12h, sera ainsi co-produit avec les journalistes de L'Avenir pour s'intéresser davantage aux régions (dont la Flandre). A 17h, un autre rendez-vous d'info fera la part belle aux collaborateurs de la DH, avant de laisser la place à un journal d'une heure entière à 18h.

"Chacun se nourrit désormais des productions des autres", résume Emmanuel Tourpe. "Mais nous ne sommes pas dans une logique de fusion, plutôt de coproduction."

RTL Belgium averti

Grâce à l'aide de l'"hyperpuissant" groupe IPM, LN24 ambitionne dès lors de tripler son audience d'ici 2024, visant 3% de parts de marché, comme ce que fait BFM TV en France. Contre environ 0,7% actuellement, "soit l'audience de FranceInfo en France, mais avec, donc, 10 fois moins de moyens", note le responsable français, dont la carrière l'a déjà mené à la RTBF et chez Arte.

Ce dernier invite dès lors RTL Belgium à ne pas se reposer sur ses lauriers et à regarder dans son rétroviseur pour ne pas oublier cette "chaîne qui monte". Il souhaite d'ailleurs "beaucoup de courage" à son nouveau CEO Guillaume Collard pour rénover une structure "très lourde".

Et il prévient déjà: d'autres produits "LN" vont arriver, outre des webradios (rap francophone et métal, entre autres) récemment lancées.