LN24, la voix de tous les Belges

Le 26 septembre, la chaîne fera sa rentrée. Coup de projecteur sur ses ambitions et sa grille de programmes.

LN24, la voix de tous les Belges
©JC Guillaume

L'heure de la rentrée sonnera le 26 septembre pour LN24. C'est à ce moment-là que la chaîne va investir ses nouveaux studios à Etterbeek auprès des rédactions du groupe IPM : La DH, La Libre Belgique, Moustique, Paris Match… L'Avenir étant installé à Namur. Un nouvel écrin plus grand et surtout bien plus polyvalent que les installations actuelles de la télévision. Le nouveau grand studio comporte trois espaces différents (info-service, coin canapé, plateau traditionnel), est équipé de nombreuses caméras et d'un univers virtuel complet développé par Dreamwall, filiale de la RTBF et de l'éditeur Dupuis. "En termes d'équipements et de réalisation, on rentre dans la cour des grands", se félicite Emmanuel Tourpe, directeur du pôle audiovisuel d'IPM (LN24, LN Radio et leurs contenus digitaux respectifs).

Cette fierté ne se limite pas aux aspects matériels. Emmanuel Tourpe, passé notamment par la RTBF et Arte, en est persuadé : "On peut créer une génération LN24 sur base d'un vrai média global comme on est en train de le faire. Nous allons redistribuer les cartes dans le paysage audiovisuel." "Le défi, c'est celui que l'on adresse aux chaînes installées", explique-t-il. LN24 se pose en challenger et mise sur la complémentarité. "Les autres chaînes restent calées sur des grands rendez-vous. Ça, c'est le XXe siècle. LN24 crée un média pour 2022, global, à la fois digital et linéaire, audiovisuel et presse. Ceux qui se disent un média à 360 degrés ont rarement la presse écrite avec eux. Nous, oui ! Nous, nous faisons de la télévision où l'information est présente en permanence, où une fois les faits exposés, nous allons plus loin." C'est ça la télévision qui monte, comme en France avec les chaînes d'info. Parce que les gens ont besoin d'infos, de réponses aux questions qu'ils se posent, précise Emmanuel Tourpe.

Stéphane Rosenblatt en est convaincu : il y a une demande et un public pour qui l'information telle qu'elle est traitée dans les médias généralistes ne suffit pas. Pas question de changer ce qui faisait la force de la première mouture de LN24. Notamment la place donnée aux débats. Parce que sur les réseaux sociaux, il est impossible de débattre ou d'échanger des points de vue paisiblement ou de façon modérée. "LN24 a toujours été une chaîne de débats mais avec une prédilection affirmée sur la politique, l'économie, l'international, les experts. On garde cette philosophie mais nous évoluons. Désormais, ce sont tous les types d'infos qui se retrouvent sur LN24. Mais nous devons aussi être plus directs, plus concernants, plus accrocheurs, avec des thématiques plus ancrées dans le quotidien des gens, car on reproche souvent à la Belgique francophone d'être consensuelle", souligne le directeur de LN24. Cela passe par une quinzaine d'intitulés d'émissions changés (Le Club Europe est devenu Que fait l'Europe, etc.) et de nouveaux rendez-vous.

Des coproductions

Désormais, la chaîne propose des flashs info toutes les heures. Ils sont réalisés par l'équipe de LN Radio et diffusés tant sur les ondes qu'en télé. Une synergie qui ne s'arrête pas là. Stéphane Rosenblatt prend l'exemple du journal de midi. Présenté par Emmanuel Beugnet, c'est aussi une production LN Radio mais pas seulement. "De par le public auquel il s'adresse, le journal de la mi-journée est plus local. L'objectif est de travailler de plus en plus avec la rédaction de L'Avenir pour le développer."

Autre exemple : l'émission Il faut qu'on parle animée par Maxime Binet de 17 h à 18 h. "C'est un rendez-vous fait par la radio, réalisé en coproduction avec la DH qui y est diffusé par la télévision. Y sont abordées des thématiques concernantes dans tous les domaines de la vie quotidienne notamment", souligne Stéphane Rosenblatt. Il y aura aussi Les visiteurs du soir qui se feront avec les rédactions de La Libre Belgique et de Moustique, ou encore l'interview politique de Martin Buxant en provenance de la télévision qui ira enrichir l'antenne de LN Radio. "Ce n'est là qu'un début", insiste le directeur de LN24.

"Vous ne trouverez pas un journal de midi coproduit avec un titre de la presse comme L'Avenir ou Il faut qu'on parle en coproduction avec la DH, se félicite Emmanuel Tourpe. Nous sommes des pionniers et nous voulons être dans les meilleures pratiques actuelles. Ces pratiques, nous sommes en train de les créer."

"Nous voulons être la voix des Belges, s'adresser à eux, répondre aux questions profondes qu'ils se posent à tout moment de la journée, ajoute-t-il. Du concret, de la proximité et du positif." Pour ce faire, la Flandre ne sera pas oubliée. Un LN24 Flandre ? Non. "Nous voulons faire savoir ce qu'il se passe en Flandre, ce que les autres chaînes ne font pas."

Objectif : 3 %

À cela s'ajoute une forte présence de documentaires. Il y en a chaque soir, week-end compris. "Cet été en France, sur les chaînes d'info, les meilleurs scores sont réalisés par les documentaires. Ce sont souvent des thématiques fortes et concernantes", épingle Stéphane Rosenblatt. Un accord avec la RTBF permettra aussi de remettre à l'antenne des sujets provenant d'Investigation et de Question à la Une.

Deux lignes de force caractérisent la nouvelle grille des programmes de la télévision, se réjouissent les dirigeants de la chaîne : "On a renforcé la promesse d'être les premiers sur l'info avec cette actualité présente de manière permanente et on a renforcé ce qui est désormais notre caractéristique la plus profonde, à savoir être la voix des Belges sur toutes les questions qui les concernent. Aujourd'hui, on a une vraie grille télé là où avant, nous n'avions que des repères un peu perdus. LN24 est désormais une vraie chaîne de télé."

Quid du sport ? "Il y a des projets dans les cartons mais chaque chose doit se faire en son temps. Faire moins bien que les autres avec moins de moyens n'a aucun sens. Il faut avoir le bon projet parce que le potentiel et les talents sont là", confie le directeur de LN24.

Il reste à savoir quel objectif d'audience s'est fixé LN24. Trois pour cent dans les deux ans, soit trois fois plus qu'aujourd'hui. "C'est le score de BFM TV en France", note Emmanuel Tourpe. Ambitieux ? "Les premières semaines de la guerre en Ukraine ont démontré que nous sommes capables d'y arriver", précise Stéphane Rosenblatt. La chaîne avait proposé 12 heures d'antenne par jour pendant 3 semaines et enregistré une audience de 1,7 pour cent. "Il s'agit à présent d'atteindre cela non plus par moments mais de manière plus permanente, de fidéliser à travers des programmes qui ne dépendent pas uniquement des aléas de l'information quotidienne."