Préavis de grève à la RTBF: direction et CGSP se retrouvent ce mardi soir dans un climat tendu

La direction de la RTBF et les représentants de la CGSP au sein de la radiotélévision publique doivent se retrouver ce mardi soir pour discuter des modalités d'application du mot d'ordre de grève du 23 au 27 septembre lancé par le syndicat socialiste.

Préavis de grève à la RTBF: direction et CGSP se retrouvent ce mardi soir dans un climat tendu
©BELGA

Un premier comité d'entreprise organisé lundi s'est tenu sur l'organisation d'un service minimum, mais il a débouché sur de vives tensions, selon le syndicat, la direction de la RTBF souhaitant maintenir tous les programmes prévus, au besoin en réquisitionnant tout le personnel nécessaire.

"De telles réquisitions, sans convoquer le programme minimum décrit dans l'arrêté du gouvernement du 26 janvier 1999, sont illégales et constituent une entrave sévère au droit de grève", estime la CGSP, qui a décidé en conséquence de saisir le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui exerce la tutelle sur la RTBF.

Par cette grève, le syndicat socialiste entend dénoncer le fait que plus aucun contractuel de la RTBF n'ait pu bénéficier du statut de fonctionnaire depuis 25 ans au sein de la radiotélévision publique, ce qui influe logiquement sur les conditions de pension de ces travailleurs.

Interrogée mardi, la RTBF tient de son côté à faire part de sa "grande incompréhension" face à un mouvement de grève annoncé sur cinq jours. "C'est énorme!", dit-on au boulevard Reyers.

Le mouvement est d'autant plus mal compris par la direction qu'il intervient dans une conjoncture économique particulièrement difficile, au moment même où le futur contrat de gestion de la RTBF est en pleine renégociation, et ce sans que la direction n'ait de vue claire sur ses perspectives financières.

Pour la RTBF, suivre la revendication de la CGSP de nommer les contractuels disposant de 25 ans d'ancienneté reviendrait à mettre au statut quelque 500 travailleurs, soit un tiers des contractuels actuels, et ce pour un coût de 110 millions d'euros sur dix ans, essentiellement à charge du budget de la FWB.

Plutôt qu'une mesure qui profiterait à une minorité de travailleurs, la direction dit préconiser des mesures qui bénéficieraient "à l'ensemble du personnel".

Une série de mesures en ce sens ont déjà été négociées, rappelle la direction de la RTBF, comme le recrutement de cinquante travailleurs, une augmentation de la contribution patronale au second pilier de pension, ou encore une augmentation du pécule de vacances.

Celle-ci se dit ouverte dialogue social, mais souhaiterait reprendre celui-ci en janvier prochain, notamment lorsque les balises du prochain contrat de gestion auront été définies.

La direction de la RTBF rappelle que 25% de son personnel bénéficie aujourd'hui du statut.

"Nous ne sommes donc pas en décalage avec ce qui se fait dans les autres services publics de la FWB", fait-on valoir au Boulevard Reyers où l'on précise encore qu'une éventuelle décision de mise au statut relève non pas de la direction de la RTBF, mais bien du gouvernement, avec lancement d'un appel public à candidats, l'organisation d'examens, la vérification des conditions de diplômes, etc.

"Nous n'avons donc la main ni sur les aspects financiers, ni sur les principes constitutionnels et juridiques. Nous ne comprenons donc pas pourquoi on assiste ainsi à la prise en otage de toute une entreprise..."