"On a tendance à oublier qu’il faut payer pour la culture"

Sélim, l’ex-animateur de Tipik est de retour avec l’émission musicale "Plus de son", dès ce 30 novembre sur Pickx +, la chaîne privée payante du groupe Proximus.

Pierre-Yves Paque
"On a tendance à oublier qu’il faut payer pour la culture"

C'est la première fois où on me pitche le projet et que cela ressemble à ce qu'on m'a pitché, explique d'emblée Selim Khemissi, qui avait claqué la porte de la radio Tipik en juin dernier. Et c'est un vrai bonheur. Je suis très impressionné par cette émission qui fait la part belle aux artistes belges et étrangers avec des murs blancs de quatre mètres sur lesquelles il y a des projections et du mapping. On rentre dans un univers. Je me suis régalé de faire de longues interviews et de regarder leurs live en entier. Cela variait de 5, 6 à 9 morceaux par artiste." Parmi ses invités ? Hooverphonic, Aloïse Sauvage, Blackwave, Charles et bien d'autres.

"Plus de son" va-t-il révolutionner la télé ?

"Je ne pense pas qu’il y a moyen de la révolutionner. C’est un média qui existe depuis longtemps, comme la radio. Mais si on laisse cette pression de révolutionner quoi que ce soit, et qu’on essaye juste de faire de bons programmes qui nous plaisent à nous pour qu’ils puissent plaire aux autres, je pense que c’est la meilleure philosophie."

Si le concept mord, il pourrait aussi se faire avec le cinéma ?

"Je suis très très chaud. Étant fan avant tout de cinéma, ensuite de musique et puis de radio. Ce qui est marrant, c’est que je parle beaucoup de cinéma dans Plus de son car des groupes comme Hooverphonic, ils sont très cinématographiques. Et dès qu’il y a moyen que je ramène ma science du cinéma pour donner de l’importance, ben je le fais !"

Et pourquoi n’avez-vous pas toqué la porte chez RTL-TVI ?

"Pickx + est un projet de chaîne privée payante qui se veut premium. Elles proposent donc des choses qui ne peuvent pas se faire ailleurs. Faire une émission comme Plus de son, toutes les semaines, et qui, pendant une heure donne de l’espace à des invités de faire de vrais lives et essaye de recréer cette ambiance du live, je pense qu’on ne peut le faire que sur une chaîne qui a une vocation d’être payante. On a tendance à oublier, parfois, qu’il faut payer pour la culture. Et là, on voit la différence. Mais si RTL veut me proposer des choses, vous avez mon Instagram, pas.selim (sourire) !

Quid de votre duo avec Malou ?

"On va revenir avec des trucs internet et d’autres en télé mais dont on reparlera. La volonté de quitter Tipik était d’exister là où on voulait exister. Il n’y a donc pas de limites, le duo existera en vrai et en médias. Il faut juste arrêter d’être là pour être là, faut aussi s’absenter un petit peu et revenir. C’est plus sain. Appartenir à une seule chaîne, c’est une idée du passé. Si on est quelque part, c’est qu’on a envie d’y être. On n’a plus envie d’être toujours sur la même chaîne et d’être un peu l’employé du mois."

Suite à votre bun out, avez-vous pensé tout abandonner ?

"Je suis quelqu’un d’assez sensible donc j’y pense tout le temps… C’est un métier assez schizophrène. Un jour on est dans l’ombre à bosser et, le lendemain, on parle dans les médias pour faire sa promo. C’est spécial. On s’est dit : est-ce que ça ne vaudrait vraiment pas le coup de tout arrêter ? Et tant pis pour l’aspect financier. Mais je pense qu’il faut essayer d’aller vers du mieux. Quand un projet comme Plus de son arrive, je ne vois pas pourquoi je refuserais ça. C’est comme ça que j’ai envie de réfléchir maintenant. Idem avec Malou, on ne va plus privilégier avec qui on travaille humainement que le projet en soi. La dynamique, le fuel, on l’a mais autant le faire dans de bonnes conditions. On est des casse-couilles mais parce qu’on sait ce qu’on veut (sourire) ! Les personnes qui comprennent l’exigence et ce que c’est que d’avoir de la vision… c’est le cas chez Pickx +. Ils prennent beaucoup de plaisir à travailler avec nous ou alors… ils mentent et, à ce moment-là, je vais aller pleurer (sourire) !"

Et vous, pas d’album en vue ?

(rire). Oh non, l’industrie et le public n’ont pas envie que je fasse de la musique. Malou sait chanter, pas moi ! À part un petit Billy Crawford mais c’est tout (sourire) ! Non mais sur ces 10 émissions tournées, on a beaucoup ri avec les équipes et les artistes. Un soulagement de prendre autant de plaisir. Un process très plaisant en tant qu’animateur, fan de musique ou tout simplement comme personne. C’est le bon projet pour moi pour exister à nouveau au milieu de cette folie que ce sont les médias actuels."