Star Academy 2022: pari réussi, malgré une grosse déception

Clap de fin pour cette nouvelle saison de la Star Academy. Après plus de 10 ans d’absence, l’émission a réussi son grand retour.

 En comparaison à «The Voice Kids» et «Mask Singer», la «Star Academy» est l’émission de divertissement de TF1 dont les premières audiences sont les plus élevées en Belgique.
La Star Academy 2022 prend fin ce samedi 26 novembre. Après près d'un mois et demi d'aventure, les candidats finalistes vont découvrir qui a remporté cette nouvelle saison du célèbre télécrochet. ©©Anthony Ghnassia/Sipa/Endemol F

Ça y est. Les portes du château de Dammarie-les-Lys se sont refermées. Si l’on sait déjà que cette fermeture n’est que temporaire et que de nouveaux académiciens débarqueront en 2023, cette aventure qui touche à sa fin n’en conserve pas moins un caractère tout particulier pour TF1. Le pari de relancer une émission 10 ans après y avoir mis un terme semblait risqué. La chaîne de télévision privée ne pouvait pas se contenter de ressortir l’un de ses plus célèbres télécrochets du placard, il fallait également le dépoussiérer, le mettre à la sauce 2022. Le challenge était d’autant plus grand que la chaîne était attendue au tournant. Il s’agissait non seulement de répondre aux attentes des fidèles d’autrefois – qui ont bien grandi depuis la première édition qui s’est achevée en 2001 – mais également de plaire aux nouvelles générations. Deux publics bien différents avec des attentes tout aussi distinctes.

Star Academy 2022: Voici les finalistes de la saison

Une omniprésence sur les réseaux sociaux

Pour réussir sa reconversion, la Star Academy devait donc miser sur un instrument indispensable à l’heure actuelle : les réseaux sociaux. Vu l’importance qu’ils occupent dans la vie des nouvelles générations, l’émission devait à tout prix s’assurer une existence sur ces plateformes. Mais il n’a pas fallu longtemps pour se rendre compte que le format se prêtait parfaitement à l’interaction voulue par l’ère digitale. Dès le premier prime, les téléspectateurs s’en donnaient à coeur joie sur Twitter. Le réseau social à l’oiseau bleu était devenu le théâtre d’affrontements entre fans de tel ou tel autre académicien.

Si les tout nouveaux candidats n’ont pas échappé aux critiques, la production n’a également pas été épargnée. Les soucis ont rapidement été épinglés par les internautes. Revers de la médaille de cette ère digitale. La sentence de certains sonnait déjà comme étant irrévocable : cette nouvelle édition du célèbre télé-crochet des années 2000 était “un échec”. Pourtant, le flop évoqué ne s’est pas confirmé dans les audiences. 4,84 millions de Français ont suivi la première émission, diffusée, le samedi 15 octobre 2022. Même si le programme a perdu des plumes au fil des semaines, la chaîne n’a pas eu à rougir du nombre de téléspectateurs qu’a réunis chaque jour “la quotidienne” de la Star Ac’.

La Star Ac' et ses polémiques

Avec toujours autant de réactions sur la Toile. Les polémiques se sont enchaînées au fil des semaines. Un candidat refuse de danser avec des hauts talons, une professeure s’en prend trop vertement à un élève… Les internautes n’ont rien laissé passer. Pour le plus grand bonheur des médias, qui ont multiplié les articles sur le sujet. Mais également pour celui de la production. Comme le dit l’adage, “qu’on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L’essentiel, c’est qu’on parle de moi.”

Il faut dire qu’avec son casting, TF1 s’était assuré de faire couler beaucoup d’encre. Entre le bad boy, la diva ou encore la première de classe, les scènes de vie au Château s’annonçaient croustillantes. Encore fallait-il ne pas aller trop loin au risque de tomber dans les travers de certaines téléréalités actuelles où les noms d’oiseaux volent sans cesse. Le risque était grand. Mais les dérapages ont toujours été contrôlés. Si l’on a vu l’un ou l’autre élève se faire rappeler à l’ordre par le directeur, cela concernait davantage un manque d’implication ou encore des cours séchés. Le ton est toujours resté bon enfant entre les différents participants.

 Les élèves de la Star Academy 2022 ne seront plus que 8 ce samedi en fin de soirée.
Les élèves de la Star Academy 2022. ©TF1

Des candidats qui n’ont pas toujours convaincu

Côté chant, le niveau des candidats n’a pas convaincu. Si certains se sont largement distingués, d’autres se sont illustrés par leur capacité à enchaîner les fausses notes. On se souviendra notamment du tableau orchestré par Yanis Marshall pour Carla et Paola sur “Fever” de Dua Lipa et Angèle. Les deux jeunes filles n’avaient pas fait l’unanimité auprès du public, loin de là. Elles ont d’ailleurs été éliminées quelques heures après leur prestation. S’il est difficile de ne pas comparer le niveau des candidats avec celui des talents de The Voice, l’autre célèbre émission de TF1, il ne faut pas oublier que la Star Academy se veut être une école de chant. Il fallait donc une certaine marge de progression. Or on ne peut que reconnaître que le niveau des académiciens – pour la plupart – s’est élevé au fil des primes.

La déception des primes

La Star Academy 2022 a donc globalement répondu aux attentes des uns et des autres. Si elle n’a pas révolutionné le genre, elle a réussi à le renouveler tout en gardant ses essentiels. Il nous faut tout de même épingler une certaine déception quant aux grands-messes du samedi soir. Ces rendez-vous, qui faisaient autrefois le bonheur des petits et des grands, n’ont pas manqué de décevoir par leurs soucis techniques bien trop récurrents et par l’absence de grandes stars. Exit les Beyoncé, Britney Spears, Madonna ou encore Céline Dion, qui avaient fait le déplacement à l’époque.

Cette fois, les chanteurs français étaient à l’honneur. Si cela a permis de (re) découvrir des interprètes de l’Hexagone, on garde un goût de trop peu face au palmarès proposé cette année. Se sont ainsi succédé sur le plateau de chaque prime des artistes révélés dans d’autres programmes phares de la chaîne privée française. Les membres du jury de The Voice ont par ailleurs presque tous répondu à l’appel. Les quelques surprises réservées par la production, comme la venue de Lewis Capaldi ou celle de Robbie Williams (parrain de cette saison du télécrochet), n’auront pas suffi à faire passer cette impression de recyclage des chanteurs made in TF1.