Médias/Télé

Samedi, la RTBF proposait un nouveau magazine d’information, plutôt décalé et comment dire ?… Surprenant. L’émission hebdomadaire, impeccablement dirigée par François Mazure, devait jouer la carte de la contre-programmation face aux divertissements d’usage le samedi soir. Chaque semaine, en direct, il était question de digérer, d’éclairer, de décrypter, de décoder l’actualité. Il était question d’approfondir et de relier les évènements, d’apporter de la perspective. Chacun s’attendait donc à découvrir un magazine, plus proche de "Sept à huit" d’Harry Roselmack que du "Petit journal" de Yann Barthès.

C’est finalement un vent d’audace qui souffle sur La une. Plus irrévérencieux, voire désinvolte, c’est le modèle (inspiré) de Canal + qui l’a emporté. Excepté le faux JT humoristique "Télé cactus" - dont l’accent graveleux incommode - le résultat est convaincant : l’habillage visuel est achevé, la réalisation léchée. C’est dynamique, rythmé, caustique, détourné, décalé. Les lancements sont courts, les transitions parfois difficiles mais le ton, narquois, est trouvé.

Peu de décryptage au long cours, toutefois. "Ca reste avant tout contemplatif et très factuel", indiquait pertinemment un internaute sur Twitter. "On passe très vite d’un sujet à l’autre". François Mazure et son équipe ont ainsi évoqué le futur blackout énergétique et les solutions existantes en France.

Ils ont vécu 48h à l’hôpital Saint-Pierre, "le seul hôpital francophone formé pour affronter Ebola". " Nous voulions savoir si la Belgique pouvait affronter la menace", indiquait François Mazure, en direct samedi soir. Une question à laquelle n’a toutefois pas suffisamment répondu l’émission.

Le reportage sur les candidats au jihad est également consternant, interpellant mais - faute de contexte, de recul, de réflexion - soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Si le portrait de Philippe Geluck réalisé grâce à des lunettes intelligentes semble un peu trop poli, le "Contre-champs" signé Tristan Godaert en revanche, dévoile avec piquant une facette médiatiquement occultée d’un fait d’actualité. Au cours d’une manifestation organisée par le PTB, il révèle la "guerre des gauches", dit-il, derrière la cohésion revendiquée par le Parti du travail de Belgique.

Pour son premier numéro, "7 à la une" s’en tire avec les honneurs, fait preuve d’audace et parvient à susciter la curiosité. Le magazine est à suivre, tous les samedis, à 18h30 sur La Une.