Médias/Télé Correspondante à Paris

Arte aborde cette année 2009-2010 avec beaucoup de détermination et de calme", a lancé mardi le président d’Arte France Jérôme Clément lors de la conférence de rentrée de la chaîne franco-allemande. Il s’est même approprié l’expression de "force tranquille" chère à François Mitterrand, qui signa l’accord de lancement d’Arte avec Helmut Kohl, il y a près de vingt ans. Lentement mais sûrement, Arte poursuit son petit bonhomme de chemin dans un paysage audiovisuel en mutation, affichant des résultats d’audience très corrects pour son "Summer of the 80’s" (3,8 % d’audience en moyenne), et une progression dans l’univers compétitif de la TNT (3,2 % d’audience en soirée en août). Tout en poursuivant sa "stratégie de qualité et de liberté créatrice", Arte explore toujours "la piste du rajeunissement, en créant des événements qui attirent les jeunes, en exploitant toujours plus Internet, et en travaillant sur les formats", a précisé Gottfried Langenstein, le président d’Arte.

Premier événement hors norme le 5 septembre : "24 h Berlin, une journée en capitale", documentaire de 24 heures dans la vie d’une vingtaine de Berlinois, célèbres ou anonymes. Cette prouesse technique donne le coup d’envoi d’une programmation spéciale dédiée au vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin. Au menu : de nombreux documentaires, une fiction ("La prison de l’amour" le 6/9) et un "Tracks" spécial Berlin le 4/9.

Autre concept inédit : Rebecca Manzoni présentera le 24 octobre "Arte video night", quatre heures consacrées à l’art vidéo. Dans ce cadre, Arte lance un concours ouvert aux internautes vidéastes, le prix Arte/SFR vidéo mobile, autour du thème "Qui serez-vous dans vingt ans ?" La chaîne continuera d’ailleurs à investir les nouveaux supports, à commencer par Internet, avec deux webdocumentaires, "Cuba Miami" et "Prison Valley" (Arte amplifie le mouvement en 2010 avec près de dix projets).

A l’occasion de la Fête de la science, Arte consacrera une semaine à la science, avec en point d’orgue le documentaire "Espèce d’espèces" le 14/11, ou encore les courts métrages d’Isabella Rossellini sur la vie sexuelle des insectes, "Green Porno" le 13/11.

Réservant pas moins de 40 % de sa grille pour le documentaire, Arte fait toujours l’événement avec des sujets particulièrement engagés. Le 15/9, "Les Yes Men refont le monde" suivra deux activistes américains qui dénoncent les travers de l’ultralibéralisme. Attendus également, au rayon investigation : "EADS, anatomie d’une crise" (le 3/11), "Déchets, le cauchemar du nucléaire" (le 13/10) suivi d’un "Avis des autres" de Patrick Poivre d’Arvor spécial nucléaire. A la frontière de la fiction, la série documentaire "Justice à Vegas" fera parler d’elle.

La fiction n’est pas en reste avec "La Traque" le 2/10, autour du combat des époux Klarsfeld, "Un singe sur le dos" le 13/11, sur l’alcoolisme, ou "Grands reporters" le 4/12, réflexion sur le journalisme. La série poursuit sa conquête avec "Les Tudors" (dès le 12/9) et "Les flingueuses" (le 12/10), comédie british sur le droit des femmes à se montrer aussi teigneuses que les hommes. Tout un programme.

Au chapitre des spectacles enfin, on notera, hormis "La bohème" de Puccini en direct d’un HLM de la banlieue de Berne (le 29/9), une soirée consacrée le 26/10 à "El Sistema", un réseau qui permet à plus de 250000 enfants défavorisés du Venezuela d’apprendre la musique.