"Blanc foncé" est le titre du premier livre de Claire Ruwet (Ed. Couleur livres, collection je), c'est une histoire d'amours, de racines. De racines qui croisent, se repiquent, s'entremêlent, se nouent, s'enchevêtrent. Les racines, ça attache, ça s'étend, ça étouffe parfois, et ça transporte la vie. L'essentiel. Nous trouvons dans le livre des instantanés d'Europe et d'Afrique. Il est question de métissage, d'exil, de la vie, de la mort. Si je vous en parle avec chaleur, c'est que j'ai eu la chance en 2002 de présider le jury de l'assemblée de la Commission communautaire française, prix organisé par la Maison de la francité. Le texte primé de Claire Ruwet méritait un prolongement. Le voici sous cette forme de livre dans une collection de récits de vie, où elle trouve vraiment sa place. Comme le commente l'éditeur : "La collection je sait aussi que le je et le jeu se côtoient, que les récits de vie n'ont que peu de chance de saisir le réel, mais surtout de le représenter, de le donner à lire, d'en chercher les aspérités, les failles et les lieux communs." Voici les premières lignes de "Blanc foncé" : - "Je vous aime jusqu'au plafond, dis-je en touchant les poutres basses de notre maison. - Ce n'est pas vrai, répond Marie Atoga. Tu nous aimes jusqu'au ciel !.... Qu'ils sont adorables nos enfants ! Je me roule dans leurs éclats de rire. Je craque pour leurs yeux brillant au milieu du velours ambré de leur peau, pour leurs oreilles en coquillage, pour leur nez aux ailes fines qui se troussent malicieusement."