Ça va l'Afrique? Bien merci

KARIN TSHIDIMBA Publié le - Mis à jour le

Médias/Télé

DE NOTRE ENVOYÉE SPÉCIALE À CANNES

Dès l'entrée de la tente Azur, jouxtant le palais des festivals à Cannes, les chants soufis aimantent le visiteur. Ce mercredi, en fin d'après-midi, diverses sociétés, soutenues par l'Agence intergouvernementale de la francophonie (AIF), se sont donné rendez-vous afin de présenter leurs dernières productions. Réalisateurs, producteurs et diffuseurs échangent leurs expériences ou leurs soucis de production et de diffusion en dégustant, au choix, pâtisseries marocaines ou zakouskis traditionnels. «Hadhra», «Les aventures de Moussa le taximan», «Cette négrillonne, sept millions», «Love of Africa», «50 et un monde» ou la suite de la série consacrée à l'«Habitat traditionnel», la route fut parfois longue pour que ces oeuvres parviennent jusqu'à nous. Si les difficultés du montage financier et de la recherche de coproducteurs sont communes à tout travail cinématographique ou télévisuel, dans le Sud, elles se révèlent souvent insurmontables. Hors l'appui d'une société du Nord, bien sûr. C'est ce qu'a bien compris l'AIF qui, via son «programme image» (voir ci-contre) aide les histoires du Sud à franchir les obstacles et, notamment, les océans.

RÉCITS PROMETTEURS

Bénin, Burkina Faso, Côte-d'Ivoire, Maroc, Niger, Tchad, Togo, Vietnam: à l'image des huit derniers opus d'«Habitat traditionnel» série de courts métrages créée par le Cirtef (Conseil international des radios-télévisions d'expression française) au début des années 90 , ce sont bien les multiples physionomies de la francophonie que ces films donnent à voir.

Fête oecuménique dévolue à la tradition et à la modernité («Hadhra» du Tunisien Fadhel Jaziri), modules humoristiques de lutte contre le sida («Les aventures de Moussa le taximan» du Guinéen Souleymane Koly), saga africaine autour de la fertilité et de la procréation assistée («Cette négrillonne, sept millions» de l'Ivoirien Kitia Toure) et même tourments de l'amour à l'ombre des cocotiers (la série «Love of Africa» dont les titres, français, sont évocateurs : Cache-cache d'amour, Folie d'une nuit, Les chants de la lagune, Coeurs en tempête,) souligne l'émergence de formats et récits toujours plus prometteurs réalisés par et pour les Africains. Les grandes chaînes ne s'y sont pas trompées qui multiplient les projets avec l'Afrique (Arte, TV 5 et maintenant Canal+ et le National Geographic), reconnaissant au beau continent le droit et le privilège de produire ses propres images en dehors des flots souvent sanglants ou tragiques déversés par les journaux télévisés des grands réseaux. Regards sur le temps qui passe, sur l'amour, ou l'éducation des enfants, spectacles vivants ou questions de moeurs dans une société changeante, «ce qui nous unit est bien plus fort que ce qui nous divise»

Devait faire remarquer le réalisateur de la série «Cette négrillonne, sept millions», Kitia Touré. Comme l'humour qui permet à «Moussa le taximan» et à ses contemporains de faire fi de bien des vicissitudes

Pour obtenir des renseignements sur toutes ces productions dont certaines feront prochainement le tour de l'Afrique et d'ailleurs: AIF: 00.33.1.44.37.32.55 ou E-mailcom@francophonie.org.

© La Libre Belgique 2001

KARIN TSHIDIMBA

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