C’est une évidence, les femmes sont par nature bavardes et les hommes doués en mathématiques. Sous ce vulgaire préjugé, "Mon cerveau a-t-il un sexe", documentaire réalisé par Laure Delesalle, propose une étude scientifique mais ludique de notre identité sexuelle.

Derrière les chromosomes X et Y, les spécialistes du cerveau rivalisent de théories. Au sujet de la question, toujours sensible, de l’orientation dans l’espace dictée par le genre, Alain Berthoz, professeur au Collège de France, considère que la femme applique une stratégie égocentrée, construite en rapport aux éléments périphériques. L’homme, lui, préférerait les cartes. Une affirmation qui est largement contredite par une neuropsychologue québécoise...

Guerre des sexes toujours avec le schéma préhistorique de la division des rôles sociaux qui, là aussi, est discuté. De témoignages en témoignages, nos cent milliards de neurones nous semblent plus humains. Et quand d’une petite voix, les enfants d’une classe parisienne énoncent leur projets de métiers, c’est tout un ensemble de clichés qui réapparaît; du pompier-tennisman à la maîtresse d’école-vétérinaire.

L’humain aussi atypique soit-il n’est pas isolé dans la dichotomie des sexes. On découvre ainsi avec étonnement que les singes rhésus mâles joueront plus facilement aux petites voitures et les femelles se distrairont volontiers avec des peluches.

Notre cerveau, machine en perpétuelle évolution, génère des pulsions et provoque des émotions. Le mythe d’Aristophane cher à Platon et la section des sexes sont de cette manière évoquées comme la source d’une quête perpétuelle de l’autre, point de départ de toute sexualité. Des comportements dictés par une zone essentielle du cerveau : l’hypothalamus. Si, à l’œil nu, il est impossible de distinguer le cerveau d’un homme de celui d’une femme, la société, catégorisante par essence, se sert de la génétique comme outil. Presque par défaut. Sur cette même conception, on peut regretter que la question des transgenres, singulière et largement méconnue, ne soit qu’effleurée en toute fin du film.

Unique, le cerveau, illustration de la trompeuse séparation binaire féminin/masculin nous renvoie par ce documentaire à notre propre construction identitaire. Deux genres qui sont censés regrouper l’ensemble des cerveaux humains. Un dogme qui ne colle pas vraiment à une réalité bien plus complexe.