"La dictature de Twitter", une émission qui s'est "aseptisée et assagie",... Laurent Ruquier fait le point sur les 14 années de son émission On n'est pas couché qui va prendre fin ce samedi.

Ce samedi, c'est le coeur lourd que Laurent Ruquier se dressera une dernière fois face aux spectateurs de France 2 pour présenter sa célèbre émission On n'est pas couché, rayée de la grille de programmation par le service public français à la rentrée. L'animateur s'entourera donc une dernière fois de Léa Salamé, chroniqueuse emblématique du talk-show, ainsi que de Philippe Geluck, le dessinateur et ami de Laurent Ruquier. Si l'émission s'arrête, c'est également car il l'a lui-même décidé. Après tant d'années, Ruquier a expliqué vouloir "voir autre chose" et "reprendre sa liberté". Une liberté perdue au fil du temps suite aux nombreuses polémiques et certaines prises de positions de ses chroniqueurs.

Dans une interview accordée au quotidien Le Parisien, celui qui présentera un nouveau programme à la rentrée ne cache pas ses émotions et sa fierté après ces 14 années, et il n'évoque aucun regret. "Je quitte l'émission avec un peu d'émotion, mais surtout la fierté de ce qu'on a fait, d'avoir eu autant d'invités… On a fait ce qu'on a pu (...) Je n'ai pas trouvé d'humoristes avec autant de talent que Florence Foresti, Jonathan Lambert ou Nicolas Bedos. J'ai aussi trouvé injuste la campagne contre la chroniqueuse Vanessa Burggraf, très douée. Après elle, il y a eu une bascule… On oublie parfois combien ce rôle de chroniqueur était compliqué à tenir chaque samedi. Christine Angot a été taxée de racisme, quand on connaît son œuvre et sa vie, c'est lamentable! Je ne l'ai pas supporté. Faire cette émission était de plus en plus difficile" explique l'animateur.

Au fil des années, Laurent Ruquier estime que son émission s'est "aseptisée et assagie" en grande partie à cause des réseaux sociaux. Celui qui déclarait vivre "sous la dictature de Twitter" en 2019 n'a pas changé de point de vue à ce sujet. Avec nostalgie, il évoque l'évolution de la perception de la liberté d'expression dans les médias par l'opinion publique. "(...) on voit l'évolution de ce qu'on ne peut plus dire aujourd'hui à la télé, mais qui à l'époque passait ! La satire dans les chroniques de Nicolas Bedos, les personnages de Jonathan Lambert, des propos culottés…”. A la question de savoir si "la liberté s'est effilochée”, Ruquier répond du tac-au-tac.  “C'est sûr. A cause de l'utilisation que l'on fait des réseaux sociaux. Aujourd'hui, le moindre pas de travers peut faire un scandale qui ne le mérite pas. Par la force des choses, ONPC s'est aseptisé et assagi.”

La suite, c'est quoi ?

Au mois d'octobre, Laurent Ruquier reprendra l'antenne le samedi soir sur France 2 toujours. Cette fois-ci, son émission sera diffusée en direct, d'où son nom On est en direct, contrairement à On n'est pas couché qui était enregistré un jour de semaine. "On va faire revenir l'humour, le show, pour être moins plan-plan et plus spectaculaire. On y travaille, je ne peux pas en dire plus. Il y aura des sujets politiques, mais un invité politique chaque semaine, non".

En voulant insister sur le fait que son émission sera diffusée en direct, Laurent Ruquier tente de ne plus commettre la même erreur qu'avec ONPC. “Quand on a démarré, il n’y avait pas autant de débats sur les chaînes infos, d’émissions comme C à vous ou Quotidien. Ces dernières années, en arrivant après eux et en ayant enregistré le jeudi soir, on était en décalage”.