Médias/Télé

A Grand-Bigard, dans les bâtiments de la Vlaamse Uitgeversmaatschappij (VUM), les bureaux du Standaard Online sont logés sur le plateau de la rédaction mère, à deux pas du secrétariat et du service iconographique. «Cela témoigne de la volonté d'intégrer autant que possible les deux produits», explique Johan Mortelmans, responsable de l'édition du site Internet du quotidien «quality» de la VUM. Avec un beau succès à la clé: De Standaard Online est devenu «la» référence flamande en matière d'information sur le web. Devant les autres quotidiens et les deux télévisions mais en l'absence, il est vrai, des concurrents du Persgroep, «Het Laatste Nieuws» (qui vient de rejoindre la Toile) et «De Morgen» (dont le site est annoncé).

Naissance en 1998

La VUM est en ligne depuis 1995. Un site conçu à l'époque par un membre du personnel appartenant au service de documentation. «Ce n'était pas véritablement une initiative de l'entreprise», rappelle Johan Mortelmans. «Le Standaard Online a réellement vu le jour le 1er janvier 1998. Nos archives remontent à cette date.» «Het Belang van Limburg», la «Gazet van Antwerpen» et le «Tijd» arrivent sur Internet plus ou moins au même moment. Un choix que le Persgroep ne fait pas. «Trop tôt», se dit alors son patron, Christian Van Thillo.

De Standaard Online en profite pour creuser le trou en offrant une information de qualité. «Notre philosophie a toujours été d'aller aussi loin que possible dans l'offre que nous proposons sur Internet», explique le responsable d'édition. En janvier 2000, une actualisation permanente du site est mise en place avec l'introduction de «snel nieuws» appelées à un succès foudroyant. C'est l'information en direct, avec le label qualitatif du «Standaard».

«Le projet a été soutenu intensément par l'actuel rédacteur en chef, Peter Vandermeersch, parce qu'il s'inscrivait dans une réforme plus large de l'image du journal», explique Johan Mortelmans. Un renouveau symbolisé notamment par la référence au très flamingant «Alle Voor Vlaanderen, Vlaanderen Voor Kristus» en première page. Le cap est mis sur une ouverture de bon aloi. Et les chiffres suivent: une moyenne de quelque 25000 visites par jour en 2001, suivie d'une explosion au-delà des 40000 suite aux attentats du 11 septembre. «Un moment important car il fut clair à ce moment que le succès du site était assuré de façon structurelle.» Depuis, les 50000 puis 60000 visites quotidiennes sont assurées, avec un nouveau sommet à 75000 lors du déclenchement de la guerre contre l'Irak.

L'information a un prix

Le 21 septembre dernier, De Standaard Online a franchi un nouveau cap dans son évolution en devenant partiellement payant. «Nous n'avons pris personne en traître», précise Johan Mortelmans. «Cela était annoncé depuis le début.» Les grandes lignes de l'information du jour continuent à être disponibles gratuitement. Mais toute utilisation plus fouillée du site nécessite un versement. Coût? 13 € par mois, 120 € par an. «Après quelques semaines difficiles, nous avons retrouvé les niveaux d'antan», confie le responsable. 3600 personnes se sont abonnées sans être abonnées à la version papier. 25000 des quelque 70000 abonnés du journal ont par ailleurs activé gratuitement leur abonnement sur la Toile.

Pour prolonger cela, une nouvelle réforme du site est en préparation pour le mois de septembre. Avec la mise en ligne des suppléments, notamment, et un visuel davantage axé sur la version PDF du journal, disponible quotidiennement. L'objectif consiste clairement à profiter de l'expérience accumulée pendant cinq ans afin de rester «nummer één» au nord du pays, alors que la concurrence pointe le bout de son nez. En version papier, «De Standaard» et «De Morgen» se livrent une véritable guerre.

Sept personnes veillent chaque jour à faire de la version en ligne un produit fini. En phase avec le support papier. «Même si cela ne va pas toujours de soi», reconnaît cet ancien membre de la rédaction économique, car notre volonté a toujours été d'aller aussi loin que possible dans le développement du site. Tout ce qui est techniquement possible, nous voulons l'essayer. Les articles du matin sont déjà disponibles la veille au soir. Consciemment, nous avons opté dès le début pour l'offensive!»

Webhttp://www.standaard.be.

© La Libre Belgique 2003