Ce journaliste de France 2, père de 4 enfants, est décédé d'une crise cardiaque à l'âge de 56 ans. Marié et père de quatre enfants, Benoît Duquesne était connu pour la présentation de l'émission "Complément d'enquête" et avait présenté le journal de 13h. Vers 12h30, il a été retrouvé sans vie par un collègue à bord de la péniche qu’il habitait à l’Île-Saint-Denis, en banlieue parisienne.

La chaîne publique n'a d'ailleurs pas tardé à réagir à cette annonce dans un communiqué: "La Présidence direction-générale de France Télévisions et de France 2 viennent d'apprendre avec une immense douleur le décès soudain de Benoît Duquesne, grand reporter, rédacteur en chef, présentateur et fondateur du magazine de l'information de France 2 'Compléments d'enquête'. L'ensemble du personnel de France 2 partage la peine et le chagrin de sa famille et de ses proches. La rédaction rendra hommage à ce grand professionnel dans le journal de 20h de ce soir."

Le premier à avoir suivi un président en direct le soir de son élection

France Télévisions précise que pour des millions de téléspectateurs, Benoît Duquesne restera célèbre pour avoir suivi en moto Jacques Chirac dans les rues de Paris le soir de son élection à la présidence de la République en 1995. "Ça me gênerait quand même un petit peu si on ne retenait que cela, parce que j'ai été grand reporter un peu partout dans le monde. Mais c'est marrant de voir que cette image occulte tout le reste" avouait-il récemment au Figaro.

Originaire de Roubaix (Nord), licencié en droit et diplômé de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, il a démarré sa carrière en 1982 en tant que reporter à Europe 1. Après avoir couvert, notamment, pour TF1 la guerre du Golfe ou le conflit en Bosnie, il a rejoint France 2 en 1994. Où il dirigea les informations générales, présenta les JT, fut correspondant à Londres, puis rédac chef pendant dix ans.

De nombreuses réactions

La disparition de ce grand professionnel a suscité de nombreuses réactions. Le président François Hollande a aussitôt rendu hommage à "un journaliste rigoureux et exigeant incarnant la liberté d’information" et le Premier ministre Manuel Valls a salué "un très grand journaliste dont [il a pu ] à de nombreuses reprises mesurer le professionnalisme". Des personnalités politiques de tous bords, de Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) à Harlem Désir (PS), ont exprimé leur émotion.

De nombreux confrères ont également salué ses qualités professionnelles et humaines. "Plaisanter chaleureusement, c’était sa marque de salutation. Indissociable, son sourire venait ajouter à la sincérité de ce costaud aux faux airs de cow-boy", écrit son confrère et ami Hervé Brusini sur le site Francetv info. "C’est une épreuve et un choc parce que Benoît était encore hier au boulot, préparant ses ‘Complément d’enquête’ de l’été et de la rentrée aussi […] Il travaillait comme pas possible", a déclaré Thierry Thuillier, directeur de l’antenne et des programmes de France 2. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a souligné, quant à lui, "la très riche carrière d’un homme de terrain, exigeant et profondément attaché au service public".