Fascinante Égypte qui année après année continue de livrer de nouveaux joyaux. Autant de découvertes qui chaque jour épaississent aussi un peu plus le mystère qui entoure les règnes des pharaons, hommes ou femmes. Il ne se passe pas une semaine sans que l’on n’exhume un sarcophage, que l’on ne déterre de nouveaux indices sur les sites passés au tamis… Les archéologues le disent, il y en a encore pour au moins 3000 ans de fouilles. Bien plus peut-être tant les sables environnants les berges du Nil semblent ne pas avoir livré tous leurs secrets. Creuser en Égypte, dit-on, c’est forcément tomber sur quelque chose.

Cléopâtre, Néfertiti, Toutankhamon et tant d’autres restent des noms auréolés de mystères. Pourtant, les progrès scientifiques nous apportent chaque jour de nouvelles réponses. La technologie permet d’étudier très finement ces témoins de temps ancestraux. On pense à celles utilisées par la police scientifique pour résoudre les crimes. Grâce à ces techniques, les "experts Le Caire" sont aujourd’hui capables de nous dire qui étaient ces gens avant d’être enrobés de bandelettes, comment ces personnes vivaient à l’époque et même de quoi elles sont mortes. Comme cela a été fait pour résoudre l’un des plus vieux cold case connu à ce jour : le meurtre d’Ötzi, dont le corps congelé a été retrouvé en 1991 dans les Alpes autrichiennes. Médecins légistes et criminologues font parler ces morts d’un autre âge. Les ADN aussi. Tout comme les scanners et autres appareils permettant de sonder sans détruire ou dégrader.

Des cold cases vieux de plus de 3000 ans

Mise à jour en 1881, la momie du roi Séqénenrê Tâa, qui régna il y a 3500 ans, intrigue depuis longtemps les archéologues. Pourquoi son corps a-t-il été embaumé à la va-vite ? Et d’où proviennent les blessures qu’il porte à la tête ?

Où est passée la momie de la reine et pharaon Hatchepsout ? Son sarcophage a été retrouvé vide dans un temple mortuaire. Un minuscule échantillon, indice précieux pour les enquêteurs à la Indiana Jones, ouvre la porte à des réponses.

Qui est l’anonyme qui se cache derrière celle que l’on appelle "la momie hurlante" ? Elle nous apparaît aujourd’hui figée, un peu à l’image du célèbre "Cri" d" Edvard Munch. Pourquoi ce corps a-t-il été embaumé la bouche grande ouverte comme déformée par la douleur ? Les examens ont permis de l’identifier. Il s’agirait de Pentaour, l’un des fils de Ramsès III. Et s’il porte des traces de liens aux pieds et aux mains et son corps avait été recouvert d’une peau de mouton, objet jugé impur dans les rites à l’époque, ce n’est probablement pas innocent. Aurait-il participé à ce que l’on appelle la conspiration du harem, à savoir un complot organisé par sa mère pour qu’il accède au trône à la place de Ramsès IV, cinquième fils de Ramsès III, scribe royal et général.

Néfertiti et Toutankhamon

Et que dire de ces trois momies découvertes en 1898 dans la vallée des Rois ? Grâce à la génétique et à la biologie moléculaire, il apparaît que l’une d’elles serait la mère de Toutankhamon. Peut-être même la légendaire Néfertiti dont le corps n’a jamais été retrouvé.

Enfin, le fondateur de la dynastie des Ramsès, Ramsès Ier, n’a-t-il pas longtemps été "oublié" dans un petit musée canadien avant de retrouver sa terre ancestrale en 2003 ? Il semblerait que oui nous dit la science, même si le doute persiste encore un peu…