Timide à la voix douce, mais caricaturiste redouté des politiques… Plantu s’est imposé dans le célèbre quotidien français Le Monde comme une star du dessin de presse, guère apprécié par ses pairs et suscitant parfois la polémique. "Vous, vous pouvez tuer !", lui aurait dit un jour François Mitterrand. Edouard Balladur, dit-on, "le vomissait".

Celui qui fêtera fin mars son 70e anniversaire en même temps que son départ du quotidien a vu défiler des décennies d’histoire avec son crayon. Le gaucher a commencé à dessiner sous le septennat de Georges Pompidou et rend son tablier juste après le départ de Donald Trump de la Maison-Blanche. Avec, omniprésente dans son œuvre, une petite souris malicieuse qui devient vite sa signature.

Son thème de prédilection, c’est la paix. Il a d’ailleurs créé en 2006, avec l’aide de l’ex-secrétaire général de l’Onu Kofi Annan, "Cartooning for Peace", un réseau international de dessinateurs de presse engagés dans le respect des libertés.

Comme pour mieux illustrer son sujet fétiche, la colombe façon Picasso est elle aussi récurrente. Le volatile est présent dès le premier dessin qu’il publie dans Le Monde, en octobre 1972, consacré à la guerre du Vietnam.

Né le 23 mars 1951 à Paris, Jean Plantureux, c’est son nom, a un père dessinateur industriel à la SNCF et une mère, paraît-il, un peu langue de vipère. De quoi faire un bon caricaturiste…

Et sa passion au lycée, c’est justement de dessiner. Mais, une fois qu’il a le bac en poche, ses parents préfèrent l’inscrire en école de médecine. "Un soir de 1971, j’annonce à mes parents que j’arrête médecine, que je vais faire de la BD à Bruxelles et que je me marie !" Avec Chantal, dont il aura quatre enfants.

De retour à Paris, il vend des meubles aux Galeries Lafayette. Mais continue à dessiner et réussit à caser des premiers dessins au Monde. 200 francs (français) pièce (quelque 30 euros aujourd’hui).

C’est parti pour une carrière qui le verra aussi croquer dans d’autres titres comme L’Express.

En 1978, il a droit à son premier croquis en Une du Monde. Ce sera ensuite chaque samedi puis, consécration en 1985, tous les jours. Le monde politique va vite se mettre à trembler…