Pouvoir suivre et rechercher des informations, découvrir la dernière série ou émission dont tout le monde parle : des gestes anodins pour des milliers de citoyens. Mais lorsque l'ouïe ou la vue sont déficientes ou que la compréhension est plus lente, il peut être crucial de disposer d'outils adaptés : communication améliorée et/ou alternative.

Rattraper notre retard sur les pays voisins

Au terme d'une analyse poussée, il est apparu qu’un nombre limité d’éditeurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles offrait des programmes sous-titrés, audiodécrits ou interprétés en langue des signes. Au total, moins de 10% de l’offre télévisée est rendue accessible. Soit une offre largement en deçà de ce que proposent des Etats ou régions comme la France, le Royaume-Uni ou encore la Flandre. En matière de sous-titrage, les obligations y varient de 75 à 100% de programmes sous-titrés sur les chaînes principales.

Réuni au sein du Collège d'avis du CSA, le secteur audiovisuel belge francophone (diffuseurs et distributeurs) s'est donc accordé sur un nouveau "Règlement relatif à l'accessibilité des programmes aux personnes en situation de déficience sensorielle".

«Il y a lieu de développer l’offre, note le CSA, ce qui implique, d’une part, un engagement des éditeurs à rendre les contenus accessibles et, d’autre part, l’action des distributeurs, en tant qu’intermédiaires entre éditeurs et utilisateurs.» Dans les faits, ces mesures seront également bénéfiques aux personnes en phase d'apprentissage du français ainsi qu'aux personnes âgées, dont la vue et/ou l'ouïe baissent.

Le précédent règlement datait de 2011 et apparaît aujourd'hui largement dépassé tant en termes d'offres que de techniques utilisées. Au-delà d’une quantité insuffisante de programmes, un manque de diversité de ces contenus (presque exclusivement les programmes d'information), ainsi qu’un manque d’attention à la qualité des différentes techniques d’accessibilité ont ainsi été relevés.

Objectif : Tous les programmes en tout temps

Rendre accessibles des programmes télévisuels (linéaires ou non), cela passe notamment par le recours à l’interprétation en langue des signes, au sous-titrage et à l’audiodescription, comme ce fut le cas pour les nouvelles séries belges produites par la RTBF, La Trêve ou Unité 42. Cela peut consister aussi en la réalisation de menus de navigation (plus) faciles d’utilisation.

Ce règlement permettra une meilleure participation citoyenne mais peut aussi entraîner de nouvelles opportunités, notamment en termes d’emploi, note le CSA. «L’objectif est d’assurer, à terme, à chacun et chacune l’accessibilité à l’ensemble des programmes et en tout temps.»

Le critère déclencheur des obligations est l'audience annuelle moyenne, de sorte que plus une chaîne est regardée, plus la part de programmes devant être rendue accessibles est importante. Soit 95 % des programmes sous-titrés et 25 % des fictions et documentaires audiodécrits pour les chaînes captant plus de 2,5% de l'audience globale.

Le délai pour atteindre ses nouveaux objectifs est fixé à 5 ans à dater du 1er janvier 2019, période au cours de laquelle les éditeurs devront rencontrer progressivement ces obligations. L'idée étant de développer aussi l'accessibilité des services à la demande et des différentes formes de télévision sur internet. Ce nouveau règlement va être transmis au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour approbation afin d'acquérir force obligatoire.