Jean-Lou Bertin, directeur de la radio, dévoile les points forts de la rentrée.

Audiences, budgets, arrivée de la radio numérique,… Le directeur de DH Radio, Jean-Lou Bertin, évoque les principaux chantiers de cette rentrée. Il épingle les enjeux de la nouvelle saison : le remaniement de la matinale et des fins d’après-midi.

Selon le dernier CIM, la station recule à 0,39 % de parts de marché. DH Radio a des difficultés à fidéliser son public ?

Il faut du temps pour installer un nouveau média et pour changer les habitudes. Les gens ont six présélections dans leur voiture. Le réveil est branché sur une seule fréquence. On doit donc faire connaître la radio mais aussi expliquer aux gens pourquoi ils doivent changer. Ce n’est évidemment jamais gai quand les chiffres d’audiences diminuent. La radio va mettre plus de temps que prévu à s’installer, mais il ne faut pas s’arrêter aux chiffres. Sinon, on ne fait plus rien.

NRJ Belgique existe depuis 20 ans. Elle est à l’équilibre financier depuis 4 ans seulement. En sera-t-il de même pour DH Radio ?

On n’est pas à l’équilibre, mais il faut voir les choses différemment. La marque doit d’abord être connue, appréciée et écoutée. Ensuite, tout va basculer. On ne peut pas dire quand. Ça dépend des investissements. D’ici à 2015, il faudra de toute façon être pratiquement à l’équilibre. On ne compte pas récupérer les investissements mais, au moins, faire en sorte que les comptes soient positifs.

Les investissements ne suivent pas ?

Le budget n’a pas augmenté. On a simplement changé la matinale et le début de soirée, lorsque les gens finissent de travailler et rentrent en voiture chez eux. Pour ce faire, on a mieux réparti le budget. On a intégré plus d’humour le matin avec Olivier Laurent. On a retravaillé les tenanciers du "Push Café" (6-9h) sans en changer la philosophie. En fin de journée, avec l’arrivée de Ruquier aux "Grosses têtes", on a mis l’humoriste Mike en face, à 16h, pour offrir une alternative à ceux qui pourraient être déçus par le départ de Bouvard. On a décalé le sport, à 18h. L’équipe de la radio ne change pas. Christine Massy, qui était sur la matinale, est partie mais on a fait venir Emilie Dekegel (ex-Bel RTL) de 9 à 11h pour conserver une voix féminine. Une tranche importante car elle réunit les plus fortes audiences.

Mais quel est le budget 2014-15 ?

Tout compris (animateur, technique, électricité, émetteurs), la radio coûte entre 1 et 1,5 million d’euros par an.

Comment fait-on, en tant que "petite" radio, pour exister face aux bulldozers de la bande FM ?

DH est une marque qui fonctionne toute seule, elle est performante en web et en papier, on le sait. La radio doit faire partie intégrante de cette marque. Les piliers les plus importants, c’est la bonne humeur, l’humour, l’information avec des alertes, la musique avec une playlist familiale axée sur les tubes d’hier et d’aujourd’hui. A l’image de Radio Contact… Et le dernier pilier, c’est le sport. On n’est pas une radio de sport mais on a, une fois par jour, une émission d’une heure avec des spécialistes. Ces piliers, d’autres radios les ont mais nous comptons faire la différence sur le ton, sur la manière d’aborder ces contenus. On veut être sérieux, crédibles et en même temps décomplexés.

La réalisation de contenus communs "web-radio-papier", nouvelle stratégie mise en place lors du passage de Twizz Radio à DH Radio, porte-t-elle déjà ses fruits ? Là où Twizz n’a jamais dépassé les 0,5 % de part d’audience, DH Radio entendait surfer sur la marque DH et faire 1 % de parts de marché en 2014 et 3 % d’ici fin 2015…

Elle n’a pas encore porté ses fruits parce qu’elle n’a pas été mise en place comme il le fallait. Ces cinq premiers mois ont surtout servi à mettre en place des habitudes entre les différentes rédactions web, papier et radio. Il a fallu installer de nouvelles façons de travailler. Mais tout ça est doucement en train de se mettre en place. L’important, c’est de voir si les graines qu’on a plantées commencent à prendre. Mais il faut être réaliste. Le rendez-vous important, ce sera août 2015 parce qu’on aura alors un an et demi d’existence. Notre évolution, on l’anticipe surtout sur le digital car il permettra de mettre toutes les radios à niveau. Il n’y aura plus le système des 6 présélections. Dans un univers numérique, toutes les radios, petites ou grandes, seront sur le même pied d’égalité.