Cinéma, société, sport, histoire, économie… Il y en a pour tous les goûts.  Sélection.

Confinement oblige, vous avez sans doute un peu de temps pour regarder des documentaires. Voici une petite sélection non exhaustive de dix bonnes productions à regarder durant ces longues soirées de printemps.

Le monde parfait, de Patric Jean sur Arte.tv et YouTube . Dans ce film sans voix off, le réalisateur belge a passé une année dans les 40 000 m² du centre commercial "Polygone" de Béziers. Avec une réalisation impeccable, ce film lucide a l’immense mérite d’appuyer là où ça fait mal : les affres de la modernité, la fausse authenticité, la pression mise sur les salariés ou l’ennui et le vide pour une partie de la jeunesse des villes moyennes françaises.

Chronique d’une quarantaine de Sébastien Le Belzic sur Arte.tv et YouTube . Durant un mois et demi, à partir de janvier, ce journaliste s’est filmé durant son confinement en Chine avec sa famille. Ce documentaire préfigurait ce qui allait nous arriver et raconte comment les mesures drastiques du régime et la discipline ont permis de freiner l’épidémie. Son documentaire a déjà été visionné plus de trois millions de fois. À tel point qu’il prépare une suite sur la levée des mesures et le retour progressif de la vie à Pékin.

Icare de Bryan Fogel, sur Netflix . En pleine enquête sur le dopage, le réalisateur américain a fait la rencontre du lanceur d’alerte russe Grigory Rodchenkov, l’ancien directeur du laboratoire de Moscou durant les JO de Sotchi. Il signe une enquête incroyable auréolée de l’Oscar du meilleur documentaire 2018.


Bains publics de Kita Bauchet, Auvio . Il y a des lieux qu’on a tous arpentés et que l’on croit connaître. C’est le cas des piscines publiques a priori toutes semblables, que l’on se trouve à Anvers, Liège ou Bruxelles. Kita Bauchet nous prouve le contraire. La réalisatrice française a posé sa caméra dans les entrailles des Bains de Bruxelles dans les Marolles. En poussant les portes battantes, on rencontre un tas de gens. Pas mal en plein confinement ?

American Factory de Steven Bognar et Julia Reichert, sur Netflix . Ce film raconte le quotidien des travailleurs d’une ancienne usine de General Motors dans l’Ohio rachetée par un conglomérat chinois. Un soulagement, au départ, un fardeau par la suite. Baisse des salaires, différences culturelles entre ouvriers américains et chinois, refus du patron de la création d’un syndicat… Ce film a séduit le couple Obama, qui en a racheté les droits. Ce ne sont pas les seuls à avoir été conquis puisqu’ American Factory a remporté cette année l’Oscar du meilleur film documentaire

Burn out aux urgences : immersion à l’hôpital de Jérôme le Maire, Arte et YouTube. Chaque soir depuis le début du confinement, tout le monde applaudit à 20h le personnel hospitalier qui se dévoue pour sauver des vies. Ces derniers tiraient depuis longtemps la sonnette d’alarme. Illustration avec cette immersion au sein du bloc opératoire de l’hôpital Saint-Louis, à Paris dans laquelle le réalisateur belge évoquait, déjà, en 2017, le mal-être des soignants, dans un film sorti en salles sous le titre Burning Out .

Ma Rue couche-toi là, série documentaire de Léa Zilber, Auvio . Quelle est la vie du propriétaire du snack ou de la gérante du sex-shop au coin de votre rue ? De la fleuriste qui lève son rideau tous les matins ? Du policier de quartier que vous voyez patrouiller ? La série documentaire Ma Rue couche-toi là, coproduite par la RTBF, raconte la vie des habitants de trois rues. Rue de la Paix à Ixelles, rue Paradis à Liège et rue de la Gaieté à Binche. Une possibilité de voir du pays depuis votre canapé.

Sunderland ‘Til I Die, sur Netflix . Si vous n’avez déjà pas regardé la première saison de cette série consacrée au Sunderland A.F.C., c’est le moment. La deuxième saison arrive, en effet, le 1er avril. Ces 8 épisodes proposent de suivre la chute du club de cette ville ouvrière du nord de l’Angleterre. Au départ, l’objectif des propriétaires était de remonter en Premier League . Rien ne va se passer comme prévu puisque les Black Cats vont terminer derniers et être relégués au troisième échelon du foot anglais. Une série parfaite pour les fans des losers magnifiques.

Waves, la puissance cachée du son au cinéma, de Midge Costin, Auvio . Ce film rappelle l’importance du son dans le septième art. Pour ce faire, Midge Costin a interrogé des anonymes et des grands noms de la conception sonore des films tels que Walter Murch ( Apocalypse Now ) ou Ben Burtt ( Star Wars ). Des réalisateurs mythiques (George Lucas, Steven Spielberg, David Lynch, Ang Lee, Sofia Coppola…) évoquent, aussi, leur rapport au son.

Décolonisations, de Pierre Singaravélou, Karim Miské et Marc Ball, Auvio et Arte. Cette mini-série documentaire de 3x52 minutes raconte 150 ans d’histoire du point de vue des peuples colonisés. Les réalisateurs racontent par exemple le combat de Lakshmi Bai, princesse indienne qui mena la première lutte anticoloniale, la révolte Mau Mau au Kenya, en passant par la République du Rif (1921-1926) au Maroc ou encore les révoltes au Congo.