"Retour aux sources" revient sur l’un des conflits les plus sanglants du XXe siècle avec un angle captivant.

Le 27 janvier 1973, les accords de paix de Paris signés entre les Etats-Unis, la République du nord du Vietnam et la République du sud du Vietnam mettent fin à une guerre qui a marqué l’histoire. Le bilan témoigne de l’étendue du massacre : plusieurs millions de morts côté vietnamien et près de 60 000 soldats américains tués. Un conflit particulièrement sanglant qui a opposé l’armée américaine, soutien du gouvernement du Sud du Vietnam, à l’armée nord-vietnamienne. Cette guerre est surnommée "sale guerre" compte tenu des 15 millions de tonnes de bombes, de napalm et de défoliants chimiques largués durant les 20 années de combat.

Indices du conflit

Tout au long du documentaire réalisé par Guilain Depardieu et Timothée Janssen, on nous rappelle le déroulement de la guerre en créant des parallèles avec les traces que certaines attaques ont laissées derrière elles. Des kilomètres de tunnels creusés par les résistants aux corps de soldats américains encore recherchés en passant par une nature à jamais contaminée, autant d’indices qui dévoilent une face cachée de la guerre. Grâce à la parole de survivants qui témoignent pour la première fois, des scènes de ce conflit reprennent vie dans "Guerre du Vietnam : les traces cachées" H H. Ce documentaire captive également par la richesse des images d’archive couplées à une profonde enquête de terrain et des images de synthèse. Le téléspectateur se remémore les étapes de la guerre et apprend l’existence, presque 40 ans après son terme, de cicatrices indélébiles qui empêchent le pays (et le monde entier) d’oublier son ampleur. Pour rendre encore plus complet ce "Retour aux sources" sur la guerre du Vietnam, Elodie de Sélys reçoit Bruno Hellendorff du Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité et Josy Dubié, ancien journaliste de la RTBF, qui a réalisé plusieurs reportages sur la guerre du Vietnam.

Vestiges de la résistance

Si l’on connaît les dates et le bilan de ces vingt années de combat, la détermination des résistants est rarement racontée. D’immenses tunnels et des bunkers ont été construits pour se protéger des bombes. Dans le documentaire, un ingénieur montre celui dans lequel il s’est caché à 22 ans et qui est resté presque intact. Aujourd’hui, la végétation renaît et camoufle lentement ces vestiges. Certains tunnels, creusés à la force des bras, faisaient quatre étages, ont vu naître des enfants et ont permis aux clandestins de prouver leur grande maîtrise du terrain. Aujourd’hui, quelques-uns de ces tunnels sont visités dans certaines régions, comme ceux de Cu Chi.

Se réconcilier avec le passé

Des trente tonnes de bombes larguées sur le pays entre 1955 et 1975, les experts estiment que dix pour cent n’ont pas explosé. Une équipe agit aujourd’hui sur le terrain pour neutraliser les mines qui menacent encore les agriculteurs. Les Vietnamiens se réconcilient doucement avec l’histoire de leur pays et racontent peu à peu les souvenirs traumatisants du conflit. Saïgon est devenu Ho-Chi-Minh-Ville après la guerre et les traces du passé y ont presque toutes disparu. Les anciens alliés de l’armée américaine qui ont décidé de rester au pays se fondent dans la ville sans faire de bruit. Une "sale guerre" dont certaines traces ne s’effaceront jamais, comme pour rappeler à ceux qui l’auraient oublié qu’elle fut d’une extrême violence pour les hommes comme pour la nature.