Du côté de Reyers

PAR PIERRE-FRANÇOIS LOVENS Publié le - Mis à jour le

Médias/Télé

ANALYSE

Jamais, par le passé, la RTBF s'est retrouvée à ce point sous le feu des projecteurs. Certes, en 1997, lors de la discussion du décret faisant de la RTBF une «entreprise publique autonome à caractère culturel», les parlementaires francophones se penchèrent sur le destin de notre radio-télévision de service public. Mais rien de comparable avec ce qui s'est passé ces derniers mois. Une véritable mise à nu de la grande maison du boulevard Reyers

L'histoire retiendra sans doute qu'un certain Richard Miller, à peine intronisé c'était le 17 octobre dernier au poste de ministre des Arts, des Lettres et de l'Audiovisuel de la Communauté française, mit littéralement le feu aux poudres en multipliant les déclarations (de guerre?) sur les insuffisances de la RTBF quant au bon accomplissement de ses missions de service public, eu égard à l'importance de la dotation (6,5 milliards de FB) puisée pour le compte de Reyers dans le budget «culture» de la Communauté.

Hormis d'évidentes crispations dans les rangs d'une partie de la «hiérarchie ertébéenne» (pour ne pas parler de certaines sphères politico-syndicales), les propos vivifianfs du ministre libéral furent accueillis avec un plaisir à peine dissimulé dans les couloirs interminables de la Cité Reyers. «C'est un peu l'élève qui voit le professeur se faire engueuler par le directeur. Et l'élève, il aime bien ça», explique de manière imagée un vieux routier du Journal parlé. Traduction: une majorité du personnel de la RTBF n'a pas vu d'un mauvais oeil le ministre de tutelle secouer le cocotier Quitte, il est vrai, à ne pas se faire trop d'illusions sur la récolte finale.

RECOMMANDATIONS ET AUTONOMIE

Fort heureusement, M.Miller ne s'est pas contenté de quelques interviews tonitruantes. L'idée d'un débat «sans tabous»

a pris forme dès l'hiver dernier. Le 23 janvier, le coup d'envoi était donné à trois mois intenses de cogitations au sein de la commission parlementaire «culture et audiovisuel», ouverte pour la première fois dans l'histoire de la Communauté française au public.

Ledit public ne s'est pas, loin de là, précipité pour entendre les constats, attentes ou complaintes des personnes (ou associations) entretenant un lien particulier avec la RTBF. L'écho médiatique de la quinzaine d'auditions a cependant été réel. Les députés eux-mêmes ont pris, entre autres choses, conscience du «malaise interne profond» (dixit Daniel Josse, président Ecolo de la commission) régnant actuellement à la RTBF.

Aujourd'hui, alors qu'il s'apprête à entamer la renégociation du futur contrat de gestion de la RTBF, le ministre de l'Audiovisuel dispose d'un ensemble de recommandations unanimes balayant un large spectre des maux petits et grands dont pâtit la chaîne de service public. Les remèdes des députés sont-ils à la hauteur? Ne faisons pas la fine bouche: malgré d'inévitables compromis et une entourloupe sur les centres régionaux , les recommandations frappent souvent juste, en particulier sur le «pilotage» de l'entreprise.

La balle est désormais dans le camp de Richard Miller. Le Montois s'est engagé à prendre en considération le signal des députés, et, indirectement, celui de tous les acteurs appelés à s'exprimer (téléspectateurs, producteurs, journalistes, etc.). Tout en veillant au respect de la sacro-sainte autonomie de la RTBF

© La Libre Belgique 2001

PAR PIERRE-FRANÇOIS LOVENS

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