Phoebe Waller-Bridge s’est imposée avec son humour corrosif "so british".

Malgré une saison 8 assez décriée, Game of Thrones est parvenue à sauver les meubles en égalant son record de 2015 avec 12 Emmys, dont le plus prestigieux : celui de la meilleure série. Un statu quo uniquement dû aux dix prix techniques remportés aux Creative Emmy Awards. Car les prix du meilleur scénario et de la meilleure actrice - malgré un nombre record de nominées issues des 7 Royaumes -, lui ont échappé, tout comme le prix du meilleur acteur. Seul Peter Dinklage s’est imposé pour la quatrième fois dans la catégorie meilleur second rôle dans une série dramatique. Un sacre mérité pour le comédien qui a salué "la communauté ouverte et diverse" de GoT.

Un discours prolongé par celui tout aussi engagé de Billy Porter, premier Noir américain ouvertement gay à remporter un Emmy Award pour sa prestation dans Pose, série qui rend hommage aux bals homosexuels des années 80 et 90 à New York.

Nettement plus discrète, la série Succession s’est arrogé le prix du meilleur scénario. Quant à Julia Garner, de la série Ozark sur Netflix, elle a devancé toutes ses concurrentes issues de GoT. Jason Bateman, sacré meilleur réalisateur pour Ozark, a éliminé lui aussi tous ses rivaux.

Enfin, le sacre de Jodie Comer formidable dans son rôle de tueuse à gage déjantée dans Killing Eve prouve que l’académie partage la déception de nombreux fans concernant l’ultime saison de GoT.

Killing Eve, Mrs Maisel, Fleabag

Autre femme de caractère à faire entendre sa voix : The Marvelous Mrs Maisel a ouvert le bal des récompenses avec le prix du meilleur second rôle attribué à Tony Shalhoub et celui du meilleur second rôle féminin dévolu à Alex Borstein, agent d’artiste à l’aplomb saisissant.

Sans discussion possible, la Britannique Phoebe Waller-Bridge réussit un quadruplé d’anthologie en s’arrogeant le prix de la meilleure série et du meilleur scénario pour la création du personnage de "femme vulgaire et en colère" très autoparodique de Fleabag. Ils ont été suivis par le prix de la meilleure réalisation attribué à Harry Bradbeer. La comédienne et scénariste a également raflé le prix de la meilleure actrice à Julia Louis-Dreyfus alors qu’on pensait que l’Américaine serait sacrée pour la 7e fois pour saluer l’ultime saison de sa série Veep. Mais difficile de résister au personnage de Fleabag, femme décomplexée qui choisit de dire tout ce qu’elle a sur le cœur…

Bill Hadder s’impose en tant que meilleur acteur avec son rôle de tueur à gage reconverti en comédien dans Barry, jolie métaphore du petit monde de la comédie à Hollywood.

Sans surprise, le prix de la meilleure mini-série, celui de la meilleure réalisation et du meilleur scénario reviennent à Chernobyl qui a donné des sueurs froides à tous ceux qui l’ont suivie.

Jharrel Jerome, inoubliable dans When They See Us d’Ava DuVernay, s’impose en tant que meilleur second rôle. Le jeune homme a rendu hommage aux "Exonerated 5", les cinq ados afro-américains et hispanique condamnés à tort pour le meurtre d’une joggeuse ; la série retrace leur lente descente en enfer.

Enfin, Ben Whishaw a été sacré meilleur second rôle pour sa prestation fiévreuse dans A Very British Scandal aux côtés de Hugh Grant. Un récit qui complète bien ce tableau sériel riche en personnalités atypiques et en destins brisés.