Visa pour l’image, principal festival de photojournalisme au monde, a récompensé celui qui était aux premières loges quand son pays a été le premier touché en Europe par le virus.

À Bergame, dans le nord de l’Italie, il a photographié la souffrance des malades dans leurs lits, entourés de soignants en combinaison blanche, des enterrements et des hôpitaux bondés durant les premières semaines de l’épidémie. "Je ne voulais pas photographier des endroits vides, des gens avec des masques, je voulais entrer dans l’intimité des malades, aller dans leur maison", a expliqué le photojournaliste.

Il a travaillé en immersion, au sein d’une équipe de la Croix-Rouge, vêtu de la même combinaison à capuche que les infirmiers et médecins. "C’est aussi un travail de mémoire, dit-il, sur ce chapitre de notre histoire. J’ai gardé contact avec certains des malades. Ils ont été courageux."

Pour la première fois, les "reporters de guerre, habitués à couvrir des conflits loin de chez eux, ont pu travailler dans leur propre pays". Ce qu’il a voulu capturer, "c’est le virus de la solitude, c’est la pire facette de la maladie", dit-il.

"C’est un travail d’une puissance phénoménale", a jugé le directeur historique de Visa pour l’image, Jean-François Leroy, au moment de remettre le prix au photographe italien. (AFP)