Face aux critiques, la RTBF a décidé vendredi après-midi de suspendre Faky, quelques heures seulement après la présentation de cette nouvelle plateforme de lutte contre la désinformation. "Faky revient dans une version améliorée très prochainement", peut-on lire sur la page d'accueil. "L'ensemble des questions soulevées par la mise en ligne de la version Bêta de l'outil nous permet déjà de mener des actions pour l'améliorer", ajoute le texte affiché sur le site faky.be.

"En aucun cas on ne prescrit ce qu'il faut lire ou pas. Faky est un encouragement à l'esprit critique", insiste la porte-parole de la RTBF Axelle Pollet, qui convient que l'intention et les limites de la plateforme devraient davantage être mises en avant. "Quand les résultats ne sont basés que sur un seul outil d'analyse algorithmique, il faut le signaler. Le but n'est pas de créer la confusion sur des médias fiables", ajoute-t-elle.

Vendredi matin, sur Twitter notamment, plusieurs journalistes se sont étonnés des mauvais résultats obtenus par des publications sérieuses sur la plateforme Faky. Un article de la revue d'investigation Médor est ainsi qualifié de "peu fiable", tout comme un article du journal L'Avenir. A l'inverse, certaines fausses informations ne sont pas détectées.

Lancé sous forme de site internet et d'application, Faky propose d'analyser des textes au départ de leur lien URL ainsi que des photos qu'il suffit de télécharger. L'utilisateur peut aussi lui soumettre un mot-clé afin de consulter des articles de fact-checking qui s'y rapportent.

Pour évaluer la fiabilité d'un contenu, cet outil imaginé par les équipes du média de service public s'appuie sur les données du Décodex et les analyses journalistiques des Décodeurs, deux projets développés par le quotidien français Le Monde. Faky recourt aussi à l'intelligence artificielle, avec le "Détecteur de désinformation" conçu par la société Sopra Steria pour la RTBF ainsi que Textgain, spin-off de l'Université d'Anvers qui évalue le degré de subjectivité d'un texte, et Neutral News, plateforme imaginée par trois étudiants ingénieurs pour déceler les informations manipulées.