On croyait tout connaître de Gainsbourg, on pensait tous savoir de Ginsbarre. Ce documentaire programmé à l’occasion du 30e anniversaire de sa disparition éclaire sous un autre jour, et l’homme, et l’artiste.

Ce nouveau regard qui renouvelle sa biographie est orienté par l’intervention de femmes clés. Pour la toute première fois, Charlotte Gainsbourg a accepté de parler de son père devant une caméra. Elle évoque l’éducation qu’elle a reçue, les bonnes manières de son père, son originalité, sa mélancolie aussi.

Des archives inédites

Avec sa mère, Jane Birkin, elles ont donné accès à des archives filmées inédites et à des enregistrements audio très rares. De cette mémoire familiale surgit un père et un époux créatif, ultrasensible, plein d’esprit et tellement pudique. Ses amis plus proches, Andrew Birkin, le frère de Jane, la chanteuse Françoise Hardy et son fils Thomas Dutronc racontent aussi un aspect méconnu de Serge Gainsbourg dans l’intimité. "Jeune assistant ou photographe débutant, nous avons plusieurs fois croisé Serge Gainsbourg, explique Stéphane Benhamou et Sylvain Bergère dans la note d’intention de leur documentaire. C’était au mitan des années 80 quand on ne le voyait plus qu’en Gainsbarre sur les plateaux de télévision. Une caricature dont il se servait dans les médias mais qui n’avait rien à voir avec l’homme si attentionné, si touchant que nous avions pu entrevoir." Leur projet est né de ce désir de montrer le "véritable Serge Gainsbourg, un Gainsbourg intime, secret tant il était d’une extrême pudeur".

La voix de Romain Duris

L’acteur Romain Duris raconte sa vie sur fond d’images particulièrement riches et bien montées pour donner une lecture fluide du personnage. Le sujet est produit par Georges-Marc Benamou, Président de Siècle Productions, co-auteur et producteur de la mini-série Les aventures du jeune Voltaire récemment diffusés sur France 2.

Il émane de ce portrait une douceur, une tendresse, une délicatesse et une forme de cohérence au cœur même de ce parcours souvent présenté dans sa dualité : les origines russes, le rôle fondateur de son père musicien, sa mère qui voulait avorter, la manière avec laquelle il a voulu porter l’étoile jaune sous l’Occupation, Bardot, la séparation, le chagrin…

Enfin, il apparaît comme une évidence que Serge Gainsbourg a trouvé son salut dans la création. Et il exhorte chacun de nous à créer, unique manière d’être vivant.