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Au cours du Printemps 1941, deux grèves éclatent dans le bassin liégeois et dans le Nord de la France. Des milliers de femmes - et près de 200 000 ouvriers et mineurs - sont tenaillés par la faim. Poussés à bout par des conditions de vie et de travail insoutenables, ils défient l’occupant nazi et organisent une grève pour du pain et du savon. " Des grèves sans précédent ", indiquent Dominique Dreyfus et Marie-Jo Pareja, les réalisatrices du film documentaire Oser la grève sous l’Occupation H H .

La répression sera impitoyable. A peine quelques mois plus tard (le 23 juillet 1941), un train quitte la gare de Huy. Destination ? Le camp de concentration de Sachsenhausen. A son bord, s’agglutinent plus de 200 mineurs du Nord et du Pas-de-Calais. Ils forment le tout premier convoi de déportés français. Le 22 septembre 1941, un second convoi expédie une soixantaine de grévistes belges, au camp de Neuengamme. Soixante pour cent d’entre eux ne reviendront jamais.

Collaboration

Cette période de l’Histoire est particulièrement méconnue car elle n’est pas des plus glorieuses pour la population. Dans le Nord de la France notamment, notable pour ses richesses en charbon, le patronat a collaboré avec l’occupant nazi et le parti communiste (lié aux nazis par le pacte germano-soviétique) est pieds et poings liés.

Les grèves des mineurs du Nord, du Pas-de-Calais et du bassin liégeois sous l’Occupation ont pourtant mobilisé des centaines de milliers de travailleurs des semaines durant.

De multiples enjeux

Dans leur documentaire, Dominique Dreyfus et Marie-Jo Pareja déploient un récit passionnant des événements. Elles s’appuient sur les images d’archives, les témoignages de première main (acteurs directs) et sur les interviews d’historiens spécialisés de cette période : Etienne Dejonghe, Laurent Thiery ou encore l’historien belge José Gotovitch.

Les deux réalisatrices interrogent également les enjeux du mouvement d’un point de vue social, politique, international et patriotique. Elles évoquent les motivations des différents protagonistes dont elles mettent l’action en lumière. Y compris celle des femmes, véritables "pilliers" de grève pendant que les hommes étaient condamnés à la clandestinité.

Dominique Dreyfus et Marie-Jo Pareja, enfin, rappellent le contexte historique et les différences fondamentales entre les partis communistes belge et français.