Journaliste aguerrie, Hakima Darhmouch n’a cependant pas pu cacher le (léger) stress qui la tenaillait lundi soir au moment de présenter le tout premier "RTL Info 19h" de la chaîne privée. Une appellation qui, malgré les efforts consentis pour la répéter au fil du rendez-vous télévisé, n’est pas près de changer les habitudes du public de la chaîne. Décor excepté, il n’a en effet pas été déstabilisé dans ses habitudes d’information.

Après un an de réflexion et divers essais, la chaîne amirale du groupe privé s’est lancée dans une profonde refonte de son rendez-vous de début de soirée, trois ans après la RTBF, sa concurrente.

Un plateau immense doté d’un écran géant incurvé qui peut accueillir de multiples cartes et infographies en soutien de l’information distillée par le(a) présentateur(trice). Une vaste table blanche illuminée où l’on pourra accueillir jusqu’à quatre invités en même temps : les circonstances de travail ont vraiment changé. Mais, sur le fond, le ton reste le même. Si bien que l’habitué du "19h" de TVI s’y est retrouvé sans peine.

La caméra a d’ailleurs régulièrement balayé le plateau, ce lundi, comme pour mieux en prendre possession. Une vision panoramique qui avait tendance à isoler la journaliste, restée appuyée à sa table de travail, durant toute la durée du JT. De fréquents gros plans sont toutefois venus rompre la distance prise avec le téléspectateur tandis que les regards appuyés de la jeune femme l’invitaient à rester à l’écoute.

Des outils pour être plus proches de l’info

Hakima Darhmouch a d’ailleurs été brièvement rejointe par un de ses collègues venu commenter les infographies distillées sur le nouvel écran géant. Des infos affichées dans une police de caractère telle qu’elle devrait permettre à tous de les suivre, même sans lunettes. Clarté et luminosité semblent être les deux maîtres mots de cette réforme de l’info sur RTL-TVI. Une fois le stress passé et les nouveaux outils domptés, l’équipe de RTL Info pourra ainsi poursuivre sa démarche de vulgarisation.

Parmi les objectifs recherchés par cette réforme : "une plus grande fluidité et une meilleure dynamique à l’antenne" avec des dossiers de "remise en contextualisation" permettant de prendre du recul face à "l’info partout, tout le temps" distillée sur le Net.

Avec un journal (plus) tourné vers l’information étrangère, tout en débutant par l’info qui touche les Belges (les grèves tournantes, le décès de Fabiola, le risque de black-out, la proximité de Noël), RTL a démontré sa volonté de mettre ses nouvelles possibilités technologiques au service de l’info de proximité qui reste sa marque de fabrique.


3 questions à Laurent Haulotte, Directeur de la rédaction chez RTL Belgium

Au-delà du lifting, il était question de prendre du recul face à "l’info partout, tout le temps". Pari réussi à quelques minutes après la fin du JT ?

Oui, même si c’est un peu compliqué de répondre car c’est la première édition. Le challenge était que tous les éléments se mettent en place. Mais c’est réussi dans la mesure où le système de production qu’on a mis sur pied nous offre énormément de possibilités de parler de l’info, soit de manière réactive (notre marque de fabrique), soit plus en profondeur (ce qui correspond à l’attente du public aujourd’hui). On a proposé des sujets purement factuels sur la grève, ou plus concrets sur d’autres analyses mais la force du projet, c’est qu’il va encore évoluer au fil du temps...

Il y avait moins de faits divers et d’informations locales mais toujours peu d’infos liées à la vie culturelle du pays. C’est un choix éditorial délibéré ou un hasard de l’actualité ?

Je crois que votre constat part d’une idée reçue sur RTL qui date d’il y a une vingtaine d’années et qui correspond peut-être à notre manière de mettre en scène l’info mais toutes les actualités sont nobles. RTL n’est pas une chaîne de faits divers. C’est une chaîne qui a une capacité à évenementialiser tout type d’info. L’info, c’était la grève. Si demain, c’est le sport, et bien ce sera le sport. Chez RTL, il n’y a pas catégorisation ou de hiérarchisation dans la valeur d’une info. C’est l’actualité qui prime, il n’y a aucun changement de ligne éditoriale. On a un journal qui s’adresse à tout le monde et qui parle de tout.

Qu’envisagez-vous d’améliorer ?

Il y a des éléments que l’on peut juxtaposer et on voudrait pousser cette logique pour dynamiser et approfondir un peu plus. Tous ces outils doivent servir le sens de l’info et la compréhension par tous les publics. C’est ce qui nous a guidés en permanence, ce n’est pas qu’une question esthétique.