C’est Gilles Verdez, chroniqueur de Touche pas à mon poste, qui a levé le lièvre. Il y a de l’eau dans le gaz entre la production de Koh-Lanta et les autorités polynésiennes où a été tournée la saison en cours de diffusion. En cause, des images montrées lors du premier épisode dans lesquelles des candidats s’en prennent à des raies et à des requins.

L’affaire n’a pas plu du tout à la ministre en charge de la protection du patrimoine qui n’a pas caché sa colère et s’est fendue d’un courrier très direct. “Dans le premier épisode, ce passage de l’émission n’est pas passé inaperçu aux yeux de certains téléspectateurs polynésiens, moi y compris. Bien que l’espèce de raie en question ne fasse pas partie de nos espèces protégées, le code de l’environnement de la Polynésie française l’inclue toutefois dans notre patrimoine Commun pour lequel nous devons tous le plus grand respect.” Et elle ajoute : “La diffusion de telles images semble laisser croire que certaines personnes bénéficient de passe-droits pour venir s’amuser aux dépens de notre biodiversité”. Bref, voilà une bien mauvaise publicité que vous nous faites là.

Une histoire de gros sous

Gilles Verdez a dévoilé les coulisses de ce coup de gueule dans TPMP. Il y a derrière tout cela une histoire de gros sous.

Le territoire d’Outre-Mer a en effet déboursé 2,5 millions d’euros pour s’adjuger la présence de Koh-Lanta pendant deux saisons. Rien de scandaleux à cela, c’est monnaie courante en matière de télévision. Mais débourser une telle somme pour ensuite se voir affubler d’une publicité négative, voilà qui reste en travers de la gorge des autorités polynésiennes.


Après la plainte de l'association PETA qui condamne le sort des aniaux dans le jeu d'aventure, Koh-Lanta navigue en eaux agitées. Denis Brogniart s'est fendu d'une intervention sur Sud Radio, en France, pour remettre les pendules à l'heure. "À un moment, faut arrêter ça. On est dans une émission où les candidats n'ont rien et on leur dit : servez-vous du milieu naturel, pour vivre et continuer à vivre dans cette aventure. (...) Ils ne pêchent pas pour le plaisir de pêcher (...), c'était pour manger. (...) Il n'y a pas de théâtralisation, ni d'objectif de montrer des scènes de tortures. Il y a à montrer la vie et la survie de ces gens qui vivent Koh-Lanta dans le plus grand des dénuements."