On connaissait la déclinaison nord américaine, précurseur en la matière, de "America's got talent". L'émission à succès a fait des émules dans les pays anglo-saxons avant de s'exporter avec... talent, dans d'autres pays du globe, chacun mettant sous le feu des projecteurs les particularités qui sont les siennes.

Ce sera aussi le cas en Arabie Saoudite. Y verra-t-on pour autant des jeunes femmes exprimer tous leurs talents de danseuse sur des rythmes endiablés ? Ou encore d'autres chanter à en perdre la voix, sans complexe ni tabou ? Une double négation est à apporter à ces questions, posées sur fond d'espoir.

Selon le quotidien Al-Hayat, à capitaux saoudien, le concours se déroulera dans la ville de Buraydah, chef-lieu de la très conservatrice Al-Qassim, par ailleurs berceau du Wahhabisme. Cela peut sembler anecdotique, mais c'est un détail plutôt révélateur : la version saoudienne appliquera les précepte de cette interprétation rigoriste de l'Islam ; femme, danse et instruments y seront dès lors prohibés. Il ne restera plus qu'au candidats à présenter "des chants religieux, réciter des poèmes ou montrer des prouesses sportives", précise le quotidien, relayé par l'édition française du Huffington Post.

L'Arabie Saoudite, pays ultra conservateur dans lequel la gent féminine n'a ni le droit d'obtenir le permis de conduire ni celui de voter (hormis aux élections municipales) a décidé que "Arabs' got talent" ne serait pas -encore- une pierre à l'édifice de l’émancipation féminine et du respect des droits de la femme. (Pour rappel, et puisque c'est de circonstance, le royaume n'a jamais envoyé de femme aux Jeux Olympiques).

Alors que l'Arabie Saoudite s'emploie à renvoyer une image positive d'elle à l'étranger, envoyant de temps à autres des femmes en tant qu'ambassadrices du Royaume et accordant à la majorité l'accès à l'éducation, les exclure des "talents" nationaux revient comme un piqure de rappel à ceux qui auraient oublié les conditions des femmes qui y vivent.