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L’ or bleu H H, ce soir à 22 h 55 sur La deux, enquête sur la privatisation de l’eau. Ce bien vital devenu une denrée marchande est en effet le moteur du développement économique du Maroc. Dans ce documentaire (cruellement nécessaire au vu du milliard d’êtres humains exclu de l’approvisionnement en eau potable), le tourisme et la sécheresse contraignent la ville de Marrakech à privatiser la gestion de l’eau alors que la France, précurseur en ce domaine, retourne vers la publicisation. Un constat tout à fait significatif, puisque la France a longtemps promu ce modèle à l’étranger et durant de nombreuses années. Entre le Maroc et la France, le réalisateur belge Damien de Pierpont interpelle les entreprises, les hommes politiques et l’industrie pour saisir les enjeux cruciaux. Il démontre, violemment parfois, les dangers de la gestion de l’eau par le secteur privé, où les investissements et la maintenance exigent une rentabilité à la hauteur du capital investi. Absence de concurrence, entente sur les prix (accompagnée d’une surfacturation, évidemment), financement des partis politiques, paupérisation, exode rural, désertification Rien n’échappe à la lorgnette mordante du réalisateur, et surtout pas la responsabilité des deux leaders multinationaux que sont Veolia et Suez. "L’or bleu" interpelle, embarasse, tant les forces à l’œuvre sont imbriquées et nous paraissent par conséquent inextricables. Réalisé il y a 3 ans, déjà diffusé en Suisse et en France, "L’or bleu" n’en demeure pas moins une introduction - définitivement révoltante - sur les effets pervers de la mondialisation (non maîtrisée) des économies de marché.