Les cols ont tout fait exploser. Mais les serveurs informatiques ont tenu bon. Lundi, alors que Lance Armstrong et Jan Ullrich suaient sang et eau dans les Pyrénées, «L'Equipe.fr» battait son record historique de pages vues (2941000 et près de 400000 visiteurs uniques). Champagne, donc.

«Oui mais facile», railleront certains. Facile, d'être le meilleur et de battre des records quand on joue seul dans sa catégorie. Clairement, «L'Equipe.fr» ne souffre pas d'une concurrence démentielle dans le domaine de l'information sportive en langue française. Mais plutôt que de ronronner, le site a su profiter de ce relatif monopole pour, en trois ans, s'imposer comme un incontournable de la Toile pour accros du sport sur écran. Un ton mordant, un sens de l'image et de la formule conjugués à une réactivité explosive sur l'info permettent au site de tourner pour l'heure à une moyenne de 330000 visiteurs uniques par jour.

Un cas particulier

Lancé officiellement le 9 juin 2000, le site est un cas particulier. D'abord parce que malgré la barrière linguistique, son aura dépasse largement le cadre des frontières françaises. Ensuite parce que la politique éditoriale du groupe fait qu'aucun des articles du journal papier ne se retrouve en ligne. «Au mieux, nous les citons comme source, entame Stéphane Bitton, rédacteur en chef de «www.lequipe.fr». Tout notre contenu est du contenu propre, on travaille pas mal à base de dépêches d'agences. Pour le reste, ce sont nos articles, nos infos, nos reportages.» Pourquoi, dès lors, vouloir conserver ce nom? «C'est une marque de fabrique, s'insurge-t-il. «L'Equipe» a un passé énorme et nous en revendiquons clairement l'héritage.»

L'air est connu: tout se fait en fonction des moyens humains et financiers disponibles. Les dix-neuf journalistes qui travaillent sur le site collaborent avec un pool développement de 8 personnes (infographistes et développeurs informatiques), le tout réparti suivant différentes sections (football, tennis, cyclisme, auto, rugby,...). Et «L'Equipe.fr» carbure au rythme des compétitions sportives. D'où l'importance d'avoir un calendrier bien tenu. Sans cesse planifier, avoir une vision à long et moyen termes, tenir à l'oeil aussi bien le surf que le volley-ball ou l'escrime.

Les fiches font mouche

Etre où il faut, quand il le faut. Marquer le coup: «Nous avions deux envoyés spéciaux à la Coupe du monde en Corée et au Japon, poursuit le rédac' chef, nous sommes sur le Tour de France, nous espérons être à la Coupe du monde de rugby en octobre en Australie. Pour les Championnats du monde d'athlétisme qui se déroulent à Paris en août, nous serons présents en force.» Mais plus loin que ce travail de terrain, le labeur de fond rapporte gros également. «Tout ce qui est base de données avec des centaines de fiches sur les sportifs, les records, les résultats. Nous sommes très consultés pour cela.» Cerise sur le gâteau, un référencement béton a été mis en place là autour et permet au site de se retrouver cité très souvent et très haut dans les moteurs de recherche.

Comme un boomerang lui revient souvent la question de l'éventuel passage au mode payant. «On ne fera rien dans la précipitation, ce n'est pas vraiment à l'ordre du jour.» Retour au sport: «Je vous avoue que j'ai déjà Athènes 2004 en tête.»

© La Libre Belgique 2003