Le Premier ministre Charles Michel a dit s'être "trompé" sur la N-VA en indiquant, avant les élections, qu'il ne s'associerait pas avec elle dans un gouvernement s'il avait la main et en évoquant son rejet du nationalisme. M. Michel a dit avoir commis "une erreur d'appréciation" avant de découvrir la capacité de la N-VA de se concentrer sur un programme socio-économique abandonnant ses revendications institutionnelles. Il a répété avoir subi comme un "électrochoc" le choix du PS et du cdH de former des coalitions régionales de centre-gauche, une décision qui, a-t-il dit, a contribué à poser son choix au fédéral où le MR est le seul parti francophone. "Sur la N-VA, je me suis trompé avant les élections", a indiqué le Premier ministre lors d'une interview à la RTBF au cours de laquelle il a été invité à commenter diverses contradictions entre les promesses électorales du MR et le choix de gouverner avec les nationalistes flamands qui l'a amené à une série de réformes dont la réalisation d'un saut d'index et le recul de l'âge légal de la pension à 67 ans en 2030.

J'ai commis "une erreur d'appréciation", à l'instar de nombreux observateurs francophones, "je n'étais pas convaincu qu'ils puissent renoncer à 100% de leur programme institutionnel", a indiqué M. Michel, présentant le choix du PS et du cdH (et les FDF à Bruxelles) de former des coalitions régionales de centre-gauche comme un "électrochoc". Il y avait "un risque de chaos", a-t-il dit.

Voici les autres phrases à retenir de cet entretien

Sur la polémique autour de Marie-Christine Marghem : "Je ne demanderai pas sa démission. Elle dit la vérité, il n'y a pas de doute."

Sur la taxe carat : "Ce n'est pas un cadeau fiscal. Cette critique me fait sourire : on va doubler le montant de l'impôt" [...] "J'ai la même détermination à lutter contre la fraude fiscale que contre la fraude sociale."

Sur la vente des parts de l'État dans les entreprises publiques : "Il n'y a pas de projet de mettre en vente les bijoux de famille."

Sur le génocide arménien : "Notre position a toujours été claire. Il y a un génocide arménien, il n'y a pas d'ambiguïté là-dessus."

Sur l'armée dans les rues : "Nous allons libérer quatre millions d'euros pour sécuriser les lieux sensibles."

Sur le saut d'index : "C'est une démarche solidaire, parce qu'elle permet de créer de l'emploi."

Sur la réforme fiscale : "Il y aura une réforme fiscale. Je veux qu'il y ait des accords politiques à son sujet avant le début de l'été. Le glissement de fiscalité, c'est l'un des éléments de cette réforme fiscale."