Les cascadeuses sont les oubliées des Oscars. Cachées derrière les actrices, elles ne comptent que pour les exploits physiques dont elles sont capables. La réalisatrice Amanda Micheli rend hommage dans son documentaire Double Dare H H à ces casse-cous de l’ombre sans lesquelles Hollywood ne pourrait réaliser que des films à ras du sol. Sans elles, fini les cascades en voitures, les torches humaines et les chutes vertigineuses, dont le public des films d’action est si friand.

Amanda Micheli s’est plongée dans le quotidien de deux cascadeuses d’excellence : Jeannie Epper, connue comme double de Wonder Woman et qui refuse de partir à la retraite, et Zoe Bell, jeune cascadeuse talentueuse dont la consécration viendra avec "Kill Bill". A elles deux, elles racontent l’histoire de leur profession, qui n’est âgée que de 40 ans. Jusqu’aux années 1970, ce sont les hommes, qui, affublés de jupes et de perruques, réalisent les scènes extrêmes destinées aux femmes. Le métier n’est désormais plus réservé exclusivement aux hommes mais pour la gent féminine, les coups et blessures sont plus fréquents et plus violents. En effet Wonder Woman n’a pas l’opportunité, comme Superman ou Batman, de sauter d’un immeuble en feu dans une combinaison rembourrée pour amortir les chocs. Poitrine et cuisses doivent rester découvertes en toutes circonstances, malgré les risques pour la santé des cascadeuses.

Jeannie Epper, fille de Johny Epper, grand cascadeur équestre aujourd’hui à la tête d’une dynastie de téméraires, épaule la jeune néo-zélandaise Zoe Bell, fraîchement arrivée aux Etats-Unis pour échapper au chômage provoqué par la mort de "Xéna la guerrière". La vétérante "complètement fêlée" va guider sa jeune protégée dans la "monstrueuse Hollywood". Ce portrait croisé de deux stars des cascades fait pénétrer le public dans l’intimité et les difficultés que rencontrent les femmes dans une profession qui leur est accessible mais qui est dirigée uniquement par les mains masculines des coordinateurs de cascades.